Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 22:40


Quelque part au purgatoire, dans le for intérieur de Seb le mak.



" - Allo le cerveau ? Ici l’estomac ! Ca va pas du tout, il faut qu’on bouffe sinon on va pas tenir le coup ! On fait pas exprès, hein, mais on a faim !

- Oui, l’estomac, ici le cerveau, on vous a bien entendu, on va voir ce qu’on peut faire…

- Allo le cerveau ? Coucou, ici le cou ! Y a l’estomac qui dit qu’il pourra pas nous tenir si on le nourrit pas. Nous, on dément formellement : c’est les vertèbres qui nous tiennent.

-  Ouais, on note. Allo les yeux, ici le cerveau, est ce que vous avez de la bouffe en vue ?

- Non, on voit juste Prof qui cause avec un barbu qui ressemble à Oussama Ben Laden, mais sapé en blanc, comme Emmanuelle dans « Mariage à l’église, galipette surprise ». A moins de tomber dans l’anthropophagie, y a rien à se mettre sous la dent.

- Ici l’estomac. Nous, on a jamais rien signé comme convention de Genève contre le cannibalisme. On est pour bouffer Prof.

- Oh ! Ici, le cerveau !  On ne bouffe personne sans proposition écrite de la commission interne de la conscience ! Les dents, pourquoi que vous claquez comme ça ? On a dit qu’on ne bouffait personne !

- Oui, ici les dents, on a juste un peu froid alors on se réchauffe comme on peut en faisant des claquettes.

- Oh, ici c’est l’estomac et il fait trop faim ! On s’en bat les couilles que la conscience elle se réunisse ! On veut bouffer, là, sur le champ verdoyant de l’immédiateté fleurie !

- Oh oh oh, ici les couilles : pas question qu’on se fasse battre pour des questions stériles de divergence tactique !

- Oui, pardon les couilles, c’est juste qu’on disait qu’on s’en bat l’œil, de l’avis de la commission interne de la conscience !

- Oui, ici l’œil, on ne veut pas se faire battre non plus, sinon on se ferme et c’est le grand trou noir !

- Et c’est pas bientôt fini les concours de jeux de mots tordus ?!!! Ici le cerveau, tout le monde se détend, on respire !

- Ici les oreilles, faut arrêter de nous casser, parce qu’on ne s’entend plus, on se croirait dans la tête à Manu ! On a un scoop : le vieux barbu qui dit d’appeler Gabriel veut qu’on aille en enfer avec Prof. On sait pas trop pourquoi, ça se trouve il l’a dit, mais vous faites plein de bruit !

- Ici le cul. On se lève ou quoi ?

- On n’a pas d’infos, le cul. On reste sur nos positions. La discussion a pas l’air finie. Ici, le cerveau, on répète, pas bouger !

- Ici la conscience qui vous parle. On vous lit le communiqué qu’on vient de finir de rédiger : « On bouffe pas Prof sauf si il y a de la vinaigrette et qu’on l’épile bien proprement. »

- Allo le cerveau ! Ici les talons, y a l’estomac qui vient nous déranger, on est en plein déséquilibre !

- Eh, l’estomac, regagnez votre poste ! Ici le cerveau, si vous déconnez, on entame une grève de la faim !

- Une greffe de la faim, que vous dites ? Ici c’est les oreilles, et on n’arrive pas à s’y retrouver, il y a vous qui gueulez et il y a Gabriel qui nous chuchote dans les oreilles !

- Ici la bite ! C’est très excitant, ce frôlement de barbe sur le lobe des oreilles….

- Ici le cerveau, personne ne bouge, personne ne bande ! Il se passe des choses incroyables du côté des oreilles !

- Ouais, là c’est les oreilles qui causent ! Y a le vieux qui dit que Dieu a des soucis avec ses vis.

- « Ses vis » ? On comprend pas trop, les oreilles !

- Je sais pas, y a plein de bruit, peut-être il a dit « ses vices » ou « ses fils » ou « sévices » ou « service » ou « mayonnaise »…

- Ici l’estomac ! On fait un putsch, on s’en fout, on a faim, on bouffe Prof !

- Ici la conscience ! Sans vinaigrette et pince à épiler, vous êtes hors la loi !

- Ben viens nous arrêter, chérie ! Tu fais moins la difficile quand il faut aller détourner des mineurs au coin des bois, coquine ! Ici l’estomac, allez les dents : on attaque !

- Ici les dents, faut désaper Prof, nous on peut pas opérer à travers le tissu ! On risque de se fouler la gencive !

- Ici la bite ! Si vous désapez Prof, je répond plus de rien !

- Ici le cerveau qui vous parle à tous ! Il faut arrêter de la jouer perso, on n’est pas au foot, on va finir schizo !

- Ici les pieds, qu’est ce que ça veut dire ? On joue mal ? C’est ça ?

- Comme des pieds, ouais !

- Ca vous va bien, la tête, de dire ça, que vous avez pas chopé un ballon depuis 6 mois !

- Bon, on recadre le débat ! Ici la tête, si chacun en fait qu’à sa tête nous on se casse !

- Ca va pas, la tête ? Ici les cheveux, on est contre toute tentation sécessionniste !

- Bon, les cheveux, vous comptez pour du beurre, au nombre que vous êtes … Ici le cerveau, on réclame le calme. Les oreilles se repassent la bande : Gabriel a dit «  Dieu a des soucis avec ses fils ! » Ce qui veut dire…

- Qu’on peut bouffer maintenant ?

- Ici la langue, est ce que je peux sortir de la poche ? J’y suis depuis le début de l’entretien avec Gabriel, mais là…  Certes, j’ai l’habitude de rester dans le noir, mais là, il y a la bite qui... Enfin, moi, je mange pas de ce pain là !

- Ici les pieds, il y a le moral qui est dans les chaussettes, c’est pas sa place, nous on ne sait plus où se mettre, on va quand même pas aller à côté de nos pompes !

-  Reprenez vous en main, le moral, ça va s’arranger !

- Ici les mains gauches, on peut rien faire pour le moral, on s’applique à se tourner les pouces sans se faire d’entorse.

- Putain, les gars, on en croit pas nous-mêmes !

- Parlez, les oreilles, on vous écoute !

- Y a Gabriel qui dit que Dieu lui a dit qu’il fallait qu’on aille voir Lucifer en scooter ! « En scooter » ou « en enfer », faut voir, c’est pas clair. Ou « en hiver ».  Ou « en imper ».

- C’est confus, les oreilles. On peut pas exploiter ce genre de données pourries. On est pas sur France Crues Toulouse, là, faut voir à être précis.

- Ici la rate, y a l’estomac qui nous attaque ! C’est de l’autophagie ! On demande l’asile politique au gros intestin !

- Chacun reste à son poste, et les moutons seront bien gardés ! C’est un ordre, c’est le cerveau qui vous parle !

- Du mouton ? Miam miam !!

- Calmez vous, l’estomac. Les oreilles confirment que c’est en enfer qu’il faut aller voir Lucifer.

- Et c’est en Antarctique qu’il faut aller voir Lucie Tartique ?

- Eh, l’humour, on vous a pas sonné !

- Ici les oreilles ! Y a le vieux qui dit que Dieu a un plan. Ou un flan. Ou un gland. Si vous faites moins de bruit, on pourra être plus précis.

- Serrez les dents, la rate ! On vous écoute, les oreilles !

- Ouais, alors là Gabriel explique en gros que le plan de Dieu, c’est de faire alliance avec Lucifer pour virer son fils. Ou « pour virer saucisse », on sait pas.

- Putain, l’estomac, si vous vous arrêtez pas tout de suite, on vous colle une sténose du pylore carabinée !

- Impossible, c’est une maladie infantile. On va bouffer le foie !

- Le foi, gardez la foi, on est là ! C’est le cerveau qui vous parle, on a les moyens de rétro-activer une sténose du Pylore, on connaît un lapin qui maîtrise le temps !!  Les cordes vocales, voici un message pour Gabriel. Dites lui  exactement : 

« Gabriel, tu brûles mon esprit
Ton amour étrangle ma vie
Et l'enfer devient comme un espoir »

- C’est les oreilles qui vous parlent : Gabriel vient de nous dire qu’il faut petit-grégoryser le petit Jésus.

- Et c’est à nous de jouer ! Les gars, c’est le cerveau qui vous parle, on met les bouts !

- On se met debout ?

- Ben oui, les jambes ! On va en enfer. Les oreilles ont compris quelque chose comme « Saignez le seigneur, démissionnez moi le messie à coups de clou rouillés ! » Ou « à coups de clous mouillés ». Ou « à coups de flou brouillé ».  Bref, on sait pas bien, mais on se barre.

- Quand est-ce qu’on mange ? 

- Ici, le centre d’aptitude à prendre les décisions. Bon, on s’est bien réunis dans des fauteuils tout mou, on a bien bossé, on a débouché sur une conclusion nette : on n’est pas trop sûr que c’est une bonne idée, cette histoire de passer dans un miroir pour aller à Haïti. Si on le casse, c’est 7 ans de malheur, il parait…

- Oui, bon ben faut vous dire que c’est fait, le coup du miroir…A votre avis, cher centre d’aptitude à prendre les décisions, on risque combien à aller tuer Jésus ?  "



 

Par grand guide suprème - Publié dans : pensées qui font "pchittt" - Communauté : Le monde selon Bobby
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 13:11

Il faisait sombre dans les sous-bois ,la nuit n’allait pas tarder à tomber .Ses pieds nus suivaient le vieux sentier ,ce sentier que tous les membres de la tribu empruntaient déjà depuis plusieurs lune .Dans sa besace ,il rapportait un petit singe qu’on appelle communément Ouistiti et deux oiseaux-mouches.

Une légère ondée se mit à tomber mais l’épaisse canopée stoppait une bonne partie de l’averse ,de toute façon il y avait un taux d’humidité ambiant qui n’avait rien à envier au salon de nombres de sinistrés de l’ouragan Xinthia .

Tatayoyo marchait d’un bon pas ,il voulait être de retour à la maison commune au plus vite pour débuter la cérémonie .Les tsantzas de son grand-père à la ceinture rebondissaient sur ses cuisses à chacun de ses pas mais ils l’emplissaient d’une fierté colossale .A son arrivée au camps ,il se dirigea directement vers le coin des hommes et se mit au travail : le rituel était long et il ne lui restait plus beaucoup de temps .Il prépara le bouillon aux baies et mit la marmite sur le feu comme dans un livre de Raymond Oliver .Puis ,précautionneusement , il sortit le Ouistiti de son sac et lui tranchât la tête .

Après quelques prières d’excuses à Ayuumpur pour cette vie qu’on enlève ,il débuta les lentes incisions derrière la tête de la bête afin d’enlever les os du crâne et la mandibule inférieure . Les yeux du singe avaient été cousu juste après le coup fatal comme avec les guerriers de l’ancien temps ,il avait même pousser le souci du détail jusqu’à lui peindre le visage en noir pour plonger l’âme de l’animal dans l’obscurité .C’est alors que l’Uwishin s’approcha de lui et lui dit :

« Tatayoyo, ce rituel est très important dans la quête de ton Arutam .Tu te dois de réussir pour prendre ma suite ,tu sais que je dois bientôt vous quittez et partir sur la côte d’azur dans le petit meublé que je me suis payé via mes placements boursiers .La bourse bat de l’aile et mon cœur ,la chamade à l’idée de taper les parties de boule dans les rue des baux de Provence ,un verre de pastis à la main .Ici ,il y a trop d’humidité pour mes rhumatismes alors que là-bas ,c’est le paradis des vieux comme moi .Qui sait même peut être me trouverais-je une petite veuve à consoler … »

_ Pafol-lagueyp ,tu es notre Uwishin ,notre chamane et tes paroles sont comme le lait du paresseux .Je sais que je me dois de réussir afin de guider le clan aussi sûrement que toi tu l’as guidé sauf ,peut être ,la fois ou tu nous as niqué en jouant nos économies au combat de coq …

_ Tes aptitudes à prendre ma suite n’ont d’égales que la précision de ta mémoire ,Tatayoyo

_ Mes capacités mnésiques ne sont que le fruit de notre travail dans les casinos à compter les cartes tant au black jack qu’au poker …

_ C’est vrai qu’on en a plumé des gogos qui nous prenaient pour des truffes sortis de la jungle !

Tatayoyo se remémora ces bons moments qu’il devait à Pafol-lagueyp et vida le cerveau du Ouistiti dans la marmite .L’Uwishin reprit la parole et dit sur un ton péremptoire :

« Il faut que tu parviennes à réduire cette tête aussi bien que ton grand-père l’a fait avec celles que tu portes autours de ton cou .Ainsi tu prendras sa suite comme moi ,je l’ai prise ,le jour ou il a disparut … »

Tatayoyo essuya une larme à la pensée de la disparition de son grand-père .Il  avait tant de fois entendu cette histoire autours du grand feu que c’était comme si il y avait assisté de ses propres yeux .Ce soir là le village était en fête car un groupe d’européen au long nez était venu jusqu’au village .La soirée avait été mémorable tant l’alcool avait coulé à flot puis les européens s’étaient mis à chanter comme si ils voulaient rendre grâce à Iwia ,la déesse de la terre .En fait ,ils étaient plein comme des outres et finirent par vomir sur les totems sacrés .C’est là que tout était parti en couille … Les guerriers de la tribu prirent les armes et les européens sentirent ,tout à coup,  le vent tourné lorsque l’un d’eux se fit tailladé comme une escalope de dinde .On se serait crû dans une soirée de l’ambassadeur avec les touristes dans le rôle des Ferrero rochers .Il furent tous étripés un par un sauf leur chef ,Rougy, qui parvint à s’échapper et un autre gars dont les guerriers eurent pitié à cause du truc bizarre que ses potes lui avaient mis sur la tête et qu’ils appelaient une banane .C’est avec lui que le grand-père de Tatayoyo avait disparu ce soir là ,certains dirent qu’ils étaient allés à la cascade sacrée .

La tête du Ouistiti cuisait à feu doux et Tatayoyo s’installa sous l’arbre sacré afin d’accompagner la cuisson des prières rituelles .Il ferma les yeux et parti méditer deux bonnes heures comme quand les femmes du clan demandaient d’aller chercher du petit bois dans la touffeur de l’après-midi .Dans les limbes de son esprit anesthésiées par l’ingestion de quelques plantes hallucinogènes, Tatayoyo fit un rêve étrange et sans doute prémonitoire pour un apprenti chamane .Il vit la cascade sacrée perdue au fin fond de la jungle impénétrable dans le territoire interdit ou plane la mort accrocjhé à son deltaplane démoniaque et son grand-père juste dessous ,il vit aussi Mimissicu son cousin de la tribu des Achuars qui vivait en Europe depuis le succès de son film « Un indien dans la ville « , il vit un inconnu nimbé d’une aura puissante avec un lapin pour animal-totem ,il vit les numéros gagnants du loto mais pas de quels pays , il vit quelques éléphants roses qui dansaient le french cancan et se dit qu’il fallait mieux se réveiller et arrêter de mélanger les plantes hallucinogènes et la cocaïne pure .

 

 

 

 

Le balais des limousines avaient commencé dans la cours et ,un à un ,les personnages les plus importants gravissaient les quelques marches du perron pour s’engouffrer rapidement à l’intérieur du palais .Assis au bout de l’imposante table ,l’homme les regardait entrer dans l’immense salle richement décorée et s’installer chacun à leur place dans un rituel minutieusement travaillé .L’homme portait ses cheveux en un long catogan qui retombait sur un costume d’un blanc impeccable ,il leva la main et le silence  fut .Puis l’un des derniers arrivés prit la parole :

«En ce qui concerne les affaires courantes ,comme d’habitude ,pas mal de nouveaux ,monsieur .A noter même ,un contingent de chilien fraîchement débarqué de Conception et pour lequel il va falloir doubler les équipes d’accueil déjà à la rue avec les Haïtiens . »

L’homme se rassit et un autre se leva dans une chorégraphie digne de Kamel Ouali .il poursuivit :

«Pour ce qui est de ma partie ,on a ,en ce moment ,très peu d’âmes susceptibles de monter ici .Vous me direz que cela nous fait plus de place mais peut être qu’on pourrait revoir aussi notre politique des quotas de primo arrivant ? »

_ Revoir les quotas ,s’emporta son voisin de droite ,et pourquoi ne pas ouvrir les vannes en grand ? On ne peut pas accueillir toute la plèbe et tous les traînes- savates de la terre !

_ Mais tout de même ,le Purgatoire est surbooké comme m’écoeurait pas  au plus haut point …

_ C’est vrai que la compassion n’est plus ton fort depuis longtemps …

_ Lorsque je te livre les petits angelots chaque semaine ,tu ne me fais pas ton speach sur la compassion ….  Balais donc un peu devant ta porte ,hypocrite !

L’altercation entraîna un brouhaha au sein de la réunion mais le raclement de gorge de l’homme au catogan ramena le calme .Doucement il se leva et prit la parole en contemplant le parc par les grandes baies vitrées :

« Voyons ,messieurs ,calmez-vous .Vos querelles enfantines ne sont que guerres pichrocholines et elles nous éloignent de nos préoccupations principales »

L’homme inspira profondément et reprit :

« Comme vous le savez ,j’ai fait venir deux hommes par l’échelle de Jacob (qui est en fait un miroir ).Gabriel les a pris sous sa protection ,c’est pourquoi il n’est pas présent aujourd’hui à notre réunion .J’ai une mission pour eux ,une mission de la plus haute importance ,une mission dont l’échec pourrait bien rejaillir sur chacun d’entre-vous …

L’homme laissa résonner ses dernières paroles en savourant son effet .

_ Et elle consiste en quoi cette mission qui nécessite de laisser des vivants entrés au Purgatoire ? ,demanda celui qu’on appelait Raphael

_ Vous savez que depuis l’accident de mon père ,c’est moi qui gère l’ordinaire .C’est moi qui fait tourner la machine comme on dit … Et je crois que vous n’avez pas à vous plaindre car ,avec moi ,la vie est plus douce .Chacun peut s’occuper de son petit business sans être inquiéter ,sans avoir à rendre compte de ses actes ,tout et autant que mes paroles demeurent paroles d’évangiles .Cette état de chose ,comme dirait Wittgenstein ,se doit de perdurer pour des siècles et des siècles .A nous le Paradis pour nous tout seul parce qu’on le vaut bien ,non ?

L’assemblée remuait la tête pour signifier son approbation .

Jésus poursuivit :

« Donc ,j’ai appris il y a quelques jours que Lucifer voulait retenter de se faire pardonner par Papa pour ses conneries d’avant le déluge et pour lesquelles il a été banni avec perte et fatras comme un vulgaire voleur à l’étalage .Evidemment cet abruti ne sait pas que Dieu est gravement diminué et que si tout va bien il le restera .La maladie de mon père doit durer encore et longtemps rester notre secret ! Bref ,Lucifer  veut refaire le coup d’Hénoch ,le mec qu’il avait envoyé la dernière fois avec le résultat qu’on sait .Dieu lui avait dit d’aller se faire voir chez les grecs … En outre ,ce con veut même doubler les anges déchus en se la jouant en solo ,paraît qu’il a le mal du pays et qu’il ne supporte plus la chaleur .Le problème c’est qu’il a dégoté le gogo qui peut nous chier dans les bottes ,un certain Bobby .Il y a une rumeur qui traîne sur le facebook gold des Dieux comme quoi ce Bobby serait mon demi-frère .Mon père aurait refait le coup de Io à sa mère à lui  mais cette fois-ci à la place du bœuf ,il se serait transformé en lapin .Mon père a toujours été un chaud lapin et un gros con ,il nous a largué tout un tas de bâtards aux quatre coins du monde .Ma mère en est morte de chagrin en se prenant les cornes dans les rideaux de son boudoir .J’étais parvenu à zigouiller tous les autres ,un à un ,mais j’avais raté ce gus-là .Lucifer l’avait caché a ma vue depuis des années en lui faisant signer son foutu pacte à la con et depuis il ruminait son plan . Mon plan à moi est simple comme un 4-4-2 des familles mais vicieux comme un Materazzi blessé dans la surface ,j’envois les deux ploucs aux enfers portés un message aux anges déchus genre « Lucifer veut vous refaire « dans une belle enveloppe avec un beau timbre .L’idée c’est que les anges déchus s’occupent de tout ce petit monde et de Lucifer en prime .En plus ,si tout se passe comme prévu ,ils vont régler çà en Enfer ce qui nous laissera vierge comme ma mère ! « 

_ Et nous dans tout çà ,on sert à quoi ,si c’est Gabriel qui supervise ?

_ Vous ,vous continuez notre business ,vous faîtes tourner la boutique et vous gardez à l’œil les mecs louches qui pourraient débarquer chez nous .Tout doit continuer comme si de rien était pour ne pas éveiller les soupçons sinon vous savez qu’il faudra la jouer fine avec les autres anges qui ne sont pas dans la combine et qui bidouillent au Purgatoire …

La réunion se termina dans la foulée et Jésus passa dans la pièce adjacente .Au fond ,près de la fenêtre ,calé dans un fauteuil roulant ,Dieu regardait le parc .Jésus s’approcha et dit :

« Alors comment va mon petit Papa d’amour ,aujourd’hui ? »

Pour toute réponse ,un filet de bave coula de la bouche du Tout-puissant .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par bobby - Publié dans : Tranche d'exraits - Communauté : Le monde selon Bobby
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 19:12

 

 

 

               Rougy Vacances sortit de son lit avec une gueule de bois digne de Pinocchio. En passant la main dans sa barbe, il se mit même une écharde dans le doigt. Il alluma la téloche d’un geste mou. Il se retrouva en face de lui-même en train de faire de la pub pour des lunettes. Chez les stars, la télé fait aussi miroir. Il avait la dalle. Sur la table du petit déj, y avait tout ce qu’il faut pour bien démarrer la journée : un bol de Tranxène, des tartines d’amphétamines, de la confiture de coke, du foie de cycliste et une perf de sang de yack. Chez Rougy Vacances, l’ami Ricoré portait une blouse blanche.

 Rougy était crevé, il était enroué, il avait dans la gorge un chat qu’aurait bouffé un tigre à dents de sabre. La discussion de la veille avec Dorothée lui était restée à travers de la gorge comme une tranche de saucisson surprise. Il se souvenait vaguement qu’elle était au courant de son hobby de tueur de stars en série. Et qu’il fallait qu’il aille chercher un lapin en enfer. Dans sa tête, c’était le boxon, style l’organisation de l’équipe de France de foot sur corner.

 

 

La télé faisait son vague bruit de lave-vaisselle asthmatique quand tout à coup Rougy entendit : « Jean Ferrat est mort ». Puis passa une version de « Potemkine » enregistré à Cuba, avec Maurice Thorez aux percussions et Robert U.R.S.S. à l’accordéon. Pareil à la radio, où passait «Que serais-je sans toi ? », qui avait été la bande originale d’un grand succès d’Emmanuelle, « Parle à mon cul, ma tête est malade.»  Sur les autres stations, entre deux pubs, des chansons gauchisantes qui appelaient le peuple à prendre les armes et un enfant par la main ! Rougy fredonna « Aimer à perdre la maison », une jolie balade pour les amoureux qui avaient alzheimer.

Ferrat qui meurt le jour des régionales ! Rougy se prit la tête à deux mains, parce que avec un coup comme ça les cocos allaient se mobiliser, le front de gauche redresser la tête et faire 25 %. Si son pote Sarko perdait les élections, Rougy pouvait faire une croix sur son grand projet d’emménager au Panthéon de son vivant. La coco, oui, les cocos, non ! Il se demanda si ça pouvait pas être lui qui aurait dézingué Jean Ferrat hier soir, dans le feu de l’action, après le concert et la causette avec Dorothée. Apparemment non, décida-t-il, honnête avec  lui même comme une feuille d’impôt de Florent-pris-la-main-dans-le-Pagny.

 

 

Il fallait faire quelque chose pour mobiliser la majorité. Il feuilleta son carnet d’adresses en quête d’une star -membre de l’UMP- à zigouiller. « Carlos, mourru, Salvador, mourru, …. Putain, y a plus de machabés dans ce carnet que dans « Emmanuelle, nécrophile facile », merde alors ! » Ces derniers temps, Rougy n’avait pas voulu perdre la main, ni la tête des ventes, alors il avait mis les bouchées doubles, si on peut dire, vu qu’il ne mangeait pas vraiment ses victimes. Surtout Carlos. « Bon, faut que j’aille refroidir Line Renaud ou Enrico Macias, alors...»  Une odeur de brûlé l’interrompit dans ses pensées, le grille pain peut-être.

Rougy se vautra devant la télé pour mieux réfléchir, dans une sorte d’oxymore. Réfléchir devant la télé, c’est comme boire une bière au fond de la mer. Devant ses yeux, une pub pour Duracell, avec le petit lapin qui court plus longtemps que les autres lapins parce qu’il a mangé les piles qui font du bien parce que le mercure c’est plein d’oligo-éléments. Puis Nesquick, qu’on en a une énorme envie à condition d’imaginer que les carottes c’est du chocolat et que le lapin c’est nous, faut quand même être complètement con, se dit Rougy. Ensuite une pub pour Playboy, qui aurait donné des pulsions zoophiles à Alain Dugrain-Dubourg, et enfin une bande annonce pour « Alice au pays des merveilles » (qu’Emmanuelle avait adapté dans « Raymond Domenech s’explique. »). Rougy sortit de sa torpeur comme le lapin de son terrier : ça faisait 4 lapins de suite qui passaient à l’écran comme des lettres à la poste, mais sans les grèves et avec les oreilles. C’était pas courant. C’était un signe. Ca rappela soudainement à Rougy que s’il ne voulait pas que Dorothée raconte toute son histoire et faire la une de « Voici » et « Détective magazine », il fallait qu’il se remue.

 


               Une solution se présenta à lui : le suicide. « Je meurs. Les radios et les télés passent mes tubes en boucle, le président se mouche dans la cravate du ministre de la culture en direct, sanglots, regrets éternels, on oublie Jean Ferrat, les électeurs votent UMP et j’arrive en enfer. Je récupère le lapin et puis je verrai bien comment faire pour repartir. » D’une pierre, deux coups.  « Avec un peu de bol, je reviens de l’enfer, on fait une tournée et un album dans la foulée, y a un fric fou à se faire ! Bon, le souci, c’est que je ne sais pas trop ce qui se passe une fois qu’on est mourru. Si j’arrive là-haut et que je ne me rappelle plus pourquoi je suis là, j’aurais l’air con comme une chanson de Michel Sardou ! Je vais me tatouer ma mission, comme dans Prison Break. »

Il réfléchit quelques instants et puis se dit : «  Je peux pas écrire juste « lapin » : si le lapin que je cherche sait lire, je serais vite repéré. Je peux mettre « rabbit » ? S’il est bilingue, je suis mal barré, comme le Manureva ! Je vais mettre « rat bite », ça me parait subtil, c’est codé comme une chanson de Bashung !  Il faut aussi que je mette à qui je dois rapporter le lapin, sinon ça sert à rien. Je peux pas mettre Dorothée, le lapin peut piger. Je pourrais traduire Dorothée en anglais : « Sleep at tea » ! Bon, je me tatoue tout ça vite fait sur le bras. Et puis je m’écris une petite lettre pour bien tout m’expliquer à mon retour :

« Cher moi-même, je t’écris ça au cas où que je te rappelle plus très bien qui on est quand je vais revenir de l’enfer. Je m’appelle Rougy Vacances et t’es une star. Je suis aussi tueur en série de stars de la chanson, mais anonyme. Je te fais de gros bisous, il y a du poulet dans le frigo, bien à toi,  signé Rougy »


            Il fallait qu’il meure proprement, pour son éventuel come-back, alors il ouvrit un bouquin de Cioran, et le suicide fut.

                                               

Par grand guide suprème - Publié dans : comment je vois le monde - Communauté : Le monde selon Bobby
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 09:45

Bill Poulidor se débattait comme un beau diable ,ses articulations lui faisaient un mal de chien et l’air commençait à lui manquer .Quelle ironie !

A quelques jours des élections ,quelques jours de son triomphe ,il allait crever là ,dans l’anonymat d’une chambre de passe … Cependant ,alors que tout espoir semblait perdu il entendit des bruits de pas dans la chambre .Il prit une profonde inspiration ,une de celles qui auraient du l’empêcher d’entrer dans ce foutu traquenard et gueula comme un veau qui comprend que son avenir en escalope . »Sortez-moi de là !  vite je manque d’air ! A moi je me meurs ! « .Il y eut un long silence et Bill fut pris d’un profond désespoir comme lorsqu’il n’avait pas été élu délégué en classe de 5e à cause de cette pimbêche d’Anne-sophie Durenton ,la chouchoute .Tout à coup ,la porte de la commode s’ouvrit comme celle de la cage aux oiseaux et la tronche de Charlie Spassjamérien vint se coller à la sienne .Ce dernier vociféra :

« Non mais qu’est tu branles dans cette commode ,Bill .T’as été engagé par le cirque du soleil ou quoi ? « 

_ J’suis tombé dans une embuscade ,Charlie .Fait comme un rat comme Davy Crockett à Alamo …

_ C’est donc çà ,la queue de raton laveur qui remue dans le tiroir de gauche !

_ Non ,çà c’est ma bite !       

_ Ben ,dis-donc tu fais dans la finesse maintenant …

_ Quatre plombe ,plié en deux dans cette commode ,je serai prêt à re-tuer mon père et ma mère pour sortir de là !

_ A là ,je te reconnais mon vieux .Prends ma main ,je vais te tirer de ce merdier …

Charlie Spassjamérien désincarcéra Bill avec l’aisance d’une escouade de pompier de Paris et lorsque celui-ci fut hors du réduit ,il sectionna les liens qui le saucissonnaient avec l’opinel que son grand-père lui avait offert un jour ou ils étaient parti à la pêche aux voix dans un cimetière de la banlieue de Bastia .Allongé sur le sol ,reprenant son souffle ,ses esprits et le cours de sa vie tortueuse ,Bill reprit aussi la parole et une part de tarte aux pommes qui traînait là :

« Mais qu’est-ce que tu fabriques ici ,Pastaga ? »

_ On n’a plus de nouvelles de Brice depuis hier soir .Le bureau de l’UMP s’inquiète car les élections approchent aussi vite que la marée  rattrape les chevaux au galop dans la baie du Mont Saint-Michel et tu sais que quand les mecs du bureau s’agitent ,ils appellent Pastaga et le réseau Tino Rossi .

 

Le réseau Tino Rossi était l’ex-bras armé de l’ex-RPR ,il avait remplacé le SAC au cours d’une opération qui n’avait rien à envier à la fameuse Nacht und Nebel sauf que cela s’était passé en plein jour et au bar de la plage .

Dès lors ,à la moindre embrouille ,Pastaga et son équipe était chargés de dissoudre le problème ,le plus souvent dans l’acide .Bill Poulidor raconta donc son histoire à Pastaga sans omettre le moindre détail .

« Donc Brice était bien là avec sa greluche hier soir et il s’est volatilisé .Pouf ! »,  Conclua Pastaga

_ Pouf ?

_ POUF ! POUF ! POUF ! POUF ! ponctua Pastaga sur un air archi-connu de Beethoven

Tout autours d’eux ,s’affairaient les membres actifs du réseau Tino Rossi ,retournant la pièce méticuleusement ,pour retrouver une trace même infime du petit Brice comme aimait à l’appeler Pastaga .Un homme à l’accent corse à coupé au couteau se planta devant Bill et Charlie et dit :

« On n’a rien trouvé .Nada .Peau de zob . Du travail de pro ! »

_ Tu penses qu’on nous à barboter notre Brice à nous ? ,questionna Pastaga

_ Soit on la fait disparaître ,soit il s’est payé un billet pour Hawaï dans les deux cas son avenir vient de s’assombrir …

_ Le coup des vacances à Hawaï ,je doute .Il est allergique au soleil ,çà lui donne de l’eczéma .Non ,l’heure est grave ,la minute est sensible et la seconde n’est pas en reste ,Brice a disparu et il y a de fortes chances ,si je puis dire, qu’il soit mort …

Un blanc s’installa dans la conversation ,laissant nos protagonistes goûter la gravité de la situation .Pastaga reprit :

« Il faut prévenir le bureau de l’UMP au plus vite .Hier Villepin .Aujourd’hui Hortefeux .Demain çà peut être ton tour Bill !

Bill sentit s’abattre sur son échine ,le couteau du boucher mais Pastaga poursuivit :

« Non ,je déconne .Je vais te garder à l’œil ,tu vas rester avec moi ,il y a une grosse soirée ce soir ,il faut absolument qu’on y soit « 

_ Une soirée ?

_ Oui ,c’est une soirée de gala pour la sortie d’un film ,il y aura tout le gratin tout parti confondu .Il faut qu’on se montre là-bas parce qu’avec Brice en carafe y vont manquer de comiques .En plus ,je suis sur que les salauds qui lui ont fait la peau seront d’une manière ou d’une autre présent . »

Bill s’inclina devant tant de confiance en soi mais modula :

« Le seul souci c’est qu’au départ je ne suis pas de l’UMP mais du PS ,je sais c’est un détail mais ce soir cela peut avoir son importance si j’arrive avec toi ,genre copain comme cochon .Au parti socialiste ,çà risque de jaser sec . »

_ Tu fais ta pucelle ,tout à coup ,ma couille ? Et Besson ,et Kouchner ,et Rocard ! Il y a plus de socialistes au gouvernement qu’au congrès de Reims !

_ C’est vrai ,mais …

_ Mais rien du tout ,t’arrives avec moi ,genre gauche décomplexée .Gauche caviar à la louche ,comme Strausskahn !

Bill eut son sourire de carnassier ,son sourire Jacques Chirac comme il se plaisait à le dire .C’est vrai que la situation était particulière et que Pastaga était un intouchable .Alors à quoi bon minauder ,il fallait assumer ses nouvelles relations et montrer aux socialistes ce qu’était la real politique !

 

 

 

Les aiguilles de sa montre se couraient après depuis un bon bout de temps lorsque Georges releva la tête .Au loin ,un vautour lui apportait une lettre ou un colis .Georges posa sa bêche et s’approcha de sa maison .Il venait à peine de s’offrir une bière quand le vautour lâcha la lettre dans le conduit de cheminée .Georges ramassa la missive et jura ses grands dieux ,ce qui était plutôt comique vu qu’il était en enfer !

Georges parlait tout seul et à haute voix ce qui évitait toutes ces tournures de phrases à la forme passive qui rendent les textes lourds comme un bon mot de Brice Hortefeux .

« Enfoiré de sale petite fiotte ! Il m’envoie son invitation en plein dans la gueule et il croit que je vais y aller avec un grand sourire et un bouquet de fleur ! Non mais il me prend pour son paillasson ou quoi ? J’ai ma fierté moi ,à défaut d’avoir encore un public … « 

Georges était passablement énervé son cousin le lapin Crétin l’invitait à une soirée pour fêter la sortie de son dernier film .Georges exécrait ce petit arriviste sans talent .A son époque ,les artistes avaient du talent ! D’ailleurs , Georges était issu d’une longue lignée d’artistes ,c’était un lapin de la balle .Primo, son père avait ouvert la voie en endossant le rôle de Pan-Pan dans le Bambi de Walt Disney .Puis ce fut le tour de Georges : Sacré grâal ,Alice au pays des merveilles ,Qui veut la peau de Roger Rabbit ... Des succès à la pelle et un train de vie à faire pâlir bugs Bunny de jalousie .Et puis un jour le téléphone qui sonne moins ,les amis de trente ans qui ne vous appellent plus et le téléphone qui sonne encore moins pour bientôt ne plus sonner du tout comme cette pendule qui ronronne au salon qui dit oui qui dit non mais qui dit surtout t’es fini ,mon lapin .Alors après ce fut  la descente aux enfers au figuré comme au propre ,Georges avait enchaîné les petits boulots dans l’anonymat le plus complet jusqu’à ce que ce vieux Rougy Vacances lui propose un job de choriste sur une de ses tournées .De là ,il avait rebondit comme une balle qui retombe toujours sur ses pattes .Il avait ressorti la vieille breloque qu’il avait chiper sur le tournage d’Alice ,histoire la porter chez ma tante car la tocante était en or et en diamant .Il espérait en tirer un bon prix et repartir à zéro .Le problème ,en fait ,c’est que la montre était invendable ou plutôt qu’il ne pouvait plus s’en séparer ,elle était lié à lui comme Stone à Charden .Elle possédait une sorte de pouvoir magique qui le rendait ,lui, maître du temps ,prince des minutes ,archiduc des secondes ,marquis des dixièmes de secondes et premier ministre des nanosecondes .Cela ne l’empêchait nullement d’être à la bourre mais cela lui avait permis de trouver ce job de jardinier en enfer ,Lucifer avait trouvé son curriculum vitae ,furieusement cocasse et depuis il pavait l’enfer de carottes pendant que d’autres s’occupaient des bonnes intentions .

Georges était particulièrement remonté et criait tout seul lorsque Azael frappa à sa porte .Le lapin ouvrit à son pote ,l’ange déchu et lui proposa une bière bio à la carotte .L’ange accepta et dit :

« Et bien ,mon vieux t’en fait un bruit ,on s’entend plus torturer les âmes perdues .J’ai même été obligé de mettre des boules Quiès pour finir mon boulot proprement « 

_ C’est pas de ma faute ,Azael mais là c’est la goutte de sang qui fait déborder la perfusion !

_ Quoi donc ?

_ Ce connard de lapin Crétin me jette à la gueule sa réussite et je devrais faire profil bas ? Je suis le Maître du temps et je devrais fermer ma gueule et me laisser traîner dans la boue du déshonneur ?

_ Il t’invite c’est plutôt sympa ,lâcha Azael comme on pose une mine antipersonnel dans un orphelinat

_ Son invitation c’est mon humiliation ! Il veut que je le vois se vautrer dans le luxe pendant que je bine mes carottes !

_ Ta réaction me semble disproportionner .Va à cette soirée et profites-en  un maximum .Carpe diem ,mon pote !

_ Ne fais pas ton épicurien ,toi qui en as tant torturer …

Azael eut un sourire nostalgique .

_ J’ai eu une journée de merde du début à la fin et la fin c’est cette invitation !

_ Développe un peu si tu veux que je te suive ,dit Azael comme une araignée tissant sa toile

_ Tout d’abord ,il y a mon pote Rougy Vacances qui m’appelle ce matin parce qu’il a besoin d’un service en souvenir du bon vieux temps .Bref ,il me demande de dessouder un type pour une copine à lui .J’accepte le job parce que Rougy m’avait sorti de la merde dans le passé .Bien évidemment je lui dit que j’ai des trucs à faire avant et que son truc à lui passera après mes trucs à moi ,il me dit d’accord .Donc ,je décide de rentrer ici parce que j’avais des carottes sur le feu et je voulais arriver avant qu’elle soient cuites .Et là ,chez Sergio ,devant le miroir qui je vois ,le type de Rougy ! C’était presque trop beau ,je sors ma carotte à cran d’arrêt et je me dirige vers lui pour lui trancher la gorge façon Ted bundy meet Ted Bunny quand un mec me saute dessus et m’entraîne à travers le miroir ! Je me retrouve dans le noir ,il devait y avoir un bug dans le bordel et là un autre mec me roule une pelle en me pelotant le cul comme un gros pédéraste ! Heureusement ,pour lui, que j’avais perdu mon couteau dans ma chute sinon je l’ouvrais en deux comme un fruit trop mur .Après j’avoue que c’est un peu le trou noir ,je me souviens vaguement avoir eu vachement faim .Lorsque j’ai retrouvé mes esprits ,j’étais quasiment arrivé ici .

_ Putain de journée ,Georges .Moi à côté avec mes petites tortures de merde ,je passe pour un gros planqué de fonctionnaire …

_ J’étais à deux doigts de buter ce salaud de Bobby ,je l’avais à porté de main maintenant dieu seul sait ou il est …

_ Bobby ? t’as bien dit Bobby ?

_ oui ,Bobby .Ce gros salaud de Bobby !

_ Alors là ,il n’y a pas que dieu qui sache ou il est …

Georges fit une petite mou dubitative et Azael ajouta :

« Mon petit lapin va falloir que tu mettes de l’eau dans ton vin même si c’est déguelasse et que tu te torche le cul avec ton amour propre et là ,t’as du bol de pas être un éléphant avec la gastro !

Georges se fit interrogateur par le truchement de la communication non verbale .Azael dit simplement :

« Bobby sera à la soirée du lapin Crétin « 

 

 

 

 

Déborah était encore sous le choc de la disparition inexpliquée du mak lorsqu’elle se résigna à prévenir Europécologie .Elle savait qu’elle risquait de perdre un de ses petits doigts pour faute mais la vengeance avait beau être un plat qui se mange froid ,elle avait du mal à le digérer surtout quand le steack disparaît de l’assiette alors qu’on s’apprête à le dévorer .

« Boss ? « 

_ je t’avais dit d’éviter de trop m’appeler ,c’est louche si je vais pisser toutes les deux minutes .Ils risquent de m’emmener chez le véto pour incontinence comme Mémé Jacqueline lorsqu’elle s’est lâchée sur le canapé à la fin d’une grosse soirée

_ Boss , le mak a disparut sous yeux ébahis .Pouf !

_ Pouf ?

_ POUF ! POUF ! POUF ! POUF !

_ Il a parlé au moins avant de disparaître ?

_ Non ,il est resté stoïque comme Sénèque dans sa baignoire …

_ Bah ,il faut retrouver les autres  Bobby ou Prof et les faire parler et cette fois-ci sans le Pouf …

_ Le petit souci ,c’est que José et Nico sont un peu choqués .Le mak a rien dit du tout ,ils font à moitié un burn out …

_ Il ne manquait plus que çà ,des bourreaux dépressifs !

_ Ils me font de la peine ,ils regardent les stroumphs en boucles depuis la disparition du mak

_ Désolé ,mais j’ai pas de psychologue sous la patte …

_ Peut être qu’un arrêt maladie ?

_ Ils ne veulent pas partir en cure ,non plus ?

_ Vous savez ,il y en a un qui maigrit à vu d’œil

_ C’est pas l’autre qui le bouffe par hasard ,c’est déjà arrivé avec des rugbymen

_ L’autre en question ,il ne sait tellement plus ou il est qu’il a fait pipi dans la table de nuit tout à l’heure …

_ La situation est grave mais pas désespérée ,ma petite .A vue de truffe ,tu peux pas grand chose pour eux alors tu les laisses là et tu te mets en chasse des types de la section Jaurès que j’ai pas sous les yeux .Pour José et Nico ,tu leur administres deux litres de lexomil et la moitié de leur poids en tranxène après tu mets le feu à l’appartement ,on peut pas s’encombrer avec des loosers .

Déborah exécuta les ordres d’Europécologie avec zèle ,doublant même la dose de tranxène au cas ou … Puis elle s’habilla et sortit dans la rue .Le soleil commençait à se coucher sur le lundi soir au rythme du bruit des talons aiguilles de Déborah résonnant sur le pavé et la faune nocturne commençait à sortir du bois comme dans « la revanche des zombies sodomise emmanuelle « .Déborah s’arrêta devant chez Sergio ,le hasard faisait parfois bien les choses disait Niels Bohr .

 

 

 

 

« Non mais c’est quoi ton pouvoir à la con que tu me donne ,Lucifer ?

Tu veux que je bosse pour toi et tu me files ,royalement, le don de me changer en moule à gaufres ! J’ai hâte d’affronter les anges exterminateurs à la crêpe partie « 

_ Je te trouve bien présomptueux ,Bobby .D’une, tu n’as pas le choix et de deux ,c’est vachement impressionnant un moule à gaufre pour de mecs qui passent leur temps à voler de nuage en nuage 

_ soit ,dis-je ,de toutes façons je ne pouvais pas dire grand chose avec un pouvoir aussi pourri et face aux princes des ténèbres …

Lucifer roula des yeux amusés et dit :

« C’est là que je te laisse parce que si je t’aide ,l’empreinte de ma présence te collera à la peau comme un vieux chewing-gum et cette présence serait rédhibitoire pour notre affaire ,enfin pour mon affaire … »

Le diable disparut dans un fameux Pouf .

J’étais là ,comme un con , il fallait que je retrouve Prof et le mak au purgatoire pour tuer Saint-Pierre .Je commençais à regretter mon divorce avec Dorothée ce qui était toujours de très mauvais augure …

Je n’avais qu’une seule piste mais c’était déjà plus que dans l’affaire du petit Grégory ,je devais me rendre chez Sergio et emprunter le miroir magique qui va Haïti en passant par le purgatoire .

Lorsque je pénétrais chez Sergio ,il y avait un monde fou .Je ne venais jamais à ces heures là et l’ambiance enfumée à outrance me rappela tout de suite une fille que la mak m’avait fait essayé une fois ,histoire de parfaire le rodage … Sergio trônait derrière le bar comme Saint-louis sous son chêne ,lançant des vannes à tour de bras et exhortant la plèbe de venir au bar parce qu’il offrait sa tournée .Je m’approchais du bar,essayant de choper le regard de Sergio et espérant qu’il comprendrait ce que je voulais dans l’intensité de mon regard .Sergio me vit et cria :

« Une bière pour Bobby ! »

J’acceptais par politesse ,retentant le coup de l’intensité du regard en buvant ma pression .Sergio me dévisagea et dit : « une deuxième ,mon pote ? »

Décidément ,cette technique de communication ne valait rien et je me surpris à me souvenir qu’une fois dans le passé j’avais tenté cette approche avec une fille qui m’avait attaqué pour viol sur son chien .J’avais surement refoulé cette histoire toutes ces années mais là ,face à l’incompréhension de Sergio ,elle remontait à la surface de ma conscience tel le hollandais volant hantant les sept mers .J ‘allais expliquer de vive voix mon histoire à Sergio lorsqu’une main douce et sensuelle me saisit le poignet dans un geste lascif qui valait bien une petite pause dans ma mission diabolique . Je tournais la tête et vit une jeune fille vêtu d’une robe en cuir et de talons aiguilles ,ses cheveux ramenés en chignon sur le haut de son crâne lui donnait un air de prof de français terriblement érotique .Au vu des piètres résultats de ma communication visuelle ,je décidais d’attaquer directement avec la bouche ,laissant sortir les mots en ordre dispersé comme une défense tricolore dans la banlieue de Viennes .

« Hello, mademoiselle ,je m’appelle Bobby et vous ? »

_ On m’appelle Déborah mais tu peux m’appeler « ta chose « 

Sa robe bustier compressait sa poitrine et la projetait vers l’avant avec une telle sensualité qu’il y avait de quoi oublier veaux ,vaches et cochons et partir sur une île déserte pour vivre d’amour et d’amour parce que franchement je ne lui laisserais pas le temps de boire …

« Donc ,ma chose qu’est-ce que tu fais ici ,c’est plutôt un bar de beaufs .C’est pas pour dire que c’est pourri ,j’adore Sergio mais disons qu’en général ici c’est plutôt PMU-ricard-rapido que lieu branché avec de la coke dans les chiottes « 

_ En fait ,je portais un petit pot de beurre et une galette à ma grand-mère et j’ai vu de la lumière .Je me suis arrêtée dix minutes ,pour faire une pause et je t’ai vu ,tu as illuminé cet endroit sinistre et j’ai su que tu étais l’homme de ma vie …

_ T’emballes pas quand même ,ma chose .J’ai déjà été marié une fois ,je mord encore les couilles depuis …

_ Si tu aimes avoir mal ,j’ai un fouet télescopique dans mon tube de rouge à lèvre …

_ C’est un martinet ou un fouet ,dis-je ,feignant d’être un pervers complet

_ un gros martinet avec des clous …

La proposition ,la meuf ,le martinet et les deux mousses dans la tronche titillait ma curiosité insatiable .Sa main glissa de mon poignet à mon coude ,puis de là à mon épaule et revint à mon coude pour retourner à mon poignet.

Je lui dis :

« Au lieu de tourner autour du pot ,montres-moi ton martinet ,petite cochonne « 

Elle s’apprêtait à tout me déballer lorsque Sergio débarqua à la table ,lui et sa grande gamelle .

« Bah ,alors Bobby ,tu fais quoi ce soir .Je croyais que tu avais des trucs à faire et je te vois fricoter avec cette donzelle pendant que les potes sont au turbin ? »

_ C’est pas ce que tu crois ,Sergio .Je bosse aussi mais là ,la dame ,souhaitais me montrer sa collection de timbre ,si tu vois ce que je veux dire …

Je lançais trois clin d’œil signifiant « casses-toi connard » mais ce con enchaîna :

« T’étais pas venu pour me demander d’aller à Haïti ? »

Je tressaillis comme un taureau privé de saillis et un marcel Dessaillis aussi .

« Comment tu sais çà ,Sergio ? »

Sergio claqua des doigts et le temps s’arrêta ,figeant tous les clients tel des statues de marbre .A côté de moi ,Déborah s’était aussi figée sa main écrasant mon sexe qu’elle venait tout juste de trouver après moultes de détours par mes genoux et mes épaules .J’étouffais un cri de douleur et pris un air détaché .Sergio expliqua :

« Comme tu dois le savoir ,tes amis ne sont pas à Haïti mais au purgatoire parce que Dieu avait besoin d’eux .Il ont traversé le miroir qui n’est autre qu’un nouveau modèle d’échelle de Jacob dont je suis le gardien ,l’ange gardien même . »

J’étais sur le cul ,j’encaissais la nouvelle pendant que ma chose m’écrasait les burnes .Sergio dit :

« Je sais que tu viens pour utiliser le passage mais je sais aussi que tu portes la marque du diable sur ta main gauche « 

Je regardais ma main gauche vis l’inscription : » Marque du diable « tatoué entre « maman je t’aime «  et « a Marcel ,pour toujours « 

« J’ai rien contre toi BOBBY mais je ne peux pas laisser entrer le diable au paradis simplement parce que tu es sympa . »

_ Mais comment je vais faire ,moi ? j’ai une dette à rembourser à Lucifer et une gonzesse qui me ruine la bite ,et maintenant toi qui me dit d’aller me faire foutre .J’ai pas trop le choix ,faut que j’y aille au paradis parce que Lucifer il ne va pas me laisser tranquille ,c’est pas un ange comme toi ,lui c’est un démon et il ne me paie pas de bières …

_ Ecoute Bobby ,je devrais pas te le dire mais t’es un pote .C’est pas de ta faute si le diable t’as mis la main dessus ,c’est arrivé à des gens bien ,c’est la vie ,c’est le jeu . Voilà ,ce soir il y a une soirée de gala pour la sortie d’un film ,tout le gratin sera là et quand je dis tout le gratin çà veut dire des gars qui peuvent t’aider .Je ne t’en dis pas plus ,je t’en ai déjà trop dis …

La foule reprit d’un coup son brouhaha assourdissant ,je me levais d’un bond entrainant avec moi le bras de ma chose rivé à mon truc .Dans sa chute ,elle lâcha prise libérant mon corps de son emprise .Elle se releva et me dit :

« qu’est-ce qu’il y a ,tu vas ou ? »

_ Je vais à une soirée ,çà peut être dangereux ,ma puce .C’est pour les grands

_ Je te suivrais jusqu’au bout du monde ,mon amour !

_ Commençons par le bout de la rue ,c’est là-bas que çà se passe …

 

 

 

 

 

Le vrombissement de la Harley Davidson fit sursauter europécologie qui aboya à la mort .Sherpa se précipita à la fenêtre pour contempler l’engin .Tel une amazone ,Mémé Jacqueline domptait la bête moulé dans une combinaison en cuir léopard ,elle était magnifique .Le klaxon de l »engin retentit puis Mémé cria :

« Sherpa ! Sherpa ! Habilles-toi ,on sort ce soir ! »

Sherpa sortit en trombe et bafouilla : 

« On va ou ,madame ? »*

_ J’ai deux invitations pour la plus grande soirée de l’année

_ Du poirée et des côtes panées ,j’adore çà !

_ magnes-toi le train ,on va être en retard

_ Oui je prend le chien ,ce bon vieux clébard ,il adore la moto …

Mémé Jacqueline ajouta :

« Ma vieille copine Emmanuelle sort son dernier film « haut les mains ,peau de lapin ,baisse ton slip ,petit coquin «  avec ce filou de lapin Crétin et j’ai pas envie de rater la fête ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

Par bobby - Publié dans : c'était mieux avant... - Communauté : Le monde selon Bobby
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 16:35

 

La suite du flash back de la dernière fois



          Dans la boîte de nuit où la fumée faisait comme une burqa que même les hommes portaient, Rougy Vacances chantait de sa voix de velours dont on fait les slips les plus doux. Ici y avait tellement de brouillard qu’on disait « Même la fumée dense ».

 Dorothée, l’ex-femme de Bobby, adorait Rougy Vacances. Comme elle disait à son voisin : « C’est une super star ! Un mec qu’a couché avec l’histoire du rock et qui lui a fait des centaines de gosses, tous classés au Top 50 ! » Un chanteur qui n’hésitait pas à mouiller le maillot, au stade de France comme dans cette petite boîte où des hordes de fans étaient rangées comme des allumettes enflammées. Dorothée était au 1er rang, elle avait ses entrées partout, grâce au mec avec qui elle sortait, Bill Poulidor. Derrière son dos, un habitué a dit : « Quand le chat Bill Poulidor, la souris Dorothée dansant ».

Rougy entonna son célèbre tube nécrophile et zoophile : « Quand mon corps sur ton corps, moi j’aime les chevals morts ». Les gens étaient en transe et souvent en t-shirt mouillé, comme Emmanuelle dans « Le FMI saute sur le MLF ». Ca swinguait plus qu’une note de bas de page dans un rapport de la cour des comptes.

 

 

Après avoir escaladé le mont Triomphe en rappels, l’idole tapa la bise à Dorothée, dans les loges. Y a des coureurs cyclistes qu’avaient été contrôlé positif rien qu’en écoutant Rougy Vacances. C’est sensible, un cycliste. Quand il parlait du nez, il avait l’accent de Medellin. Ils prirent une bière fraîche au bar, tranquillou. Rougy dédicaçait quelques strings, il s’appliquait parce que c’était pas facile, fallait écrire petit.

« - Tu te rappelles, Rougy, dans les sixties, quand t’avais un rival qui s’appelait Elvis Presley ?

- Un rital qui s’appelait Elvis Presley ? Ca sonne pas italien, Elvis Presley…

- Un RIVAL !  Que tu disais que Elvis Presley, à force de te les presser, il allait finir par te les casser, les couilles ? » demanda Dorothée.

« - Ouais… », dit l’idole.

- Tu te rappelles quand vous êtes partis chanter ensemble en Amazonie ? « C’est ma tournée ! », que t’avais dit… » Un silence plana comme un vautour survolant un candidat du MODEM. « Il avait drôlement trinqué, Elvis… Bizarrement disparu à ce moment là, après un show à Manaus…

- Ouais, je me rappelle. Quand j’y pense, j’ai la larme à l’œil.

- Tu ferais mieux d’avoir l’alarme tout court, parce qu’Elvis est toujours vivant. »

 

 

Rougy verdit, puis recracha sa bière. Puis blanchit, comme Charles Pasqua après un procès. Puis jaunit à l’idée que..

«- Elvis vit ? » vitupéra le chanteur. « Qu’est ce que c’est que ces conneries ? Tu me mets en boîte ?

- Je te mettrais plutôt en bière, là, mon pote…

- Vas-y, balance tout ce que tu sais sur cette histoire » sua Rougy.

« - On murmure, par ci par là, que y parait, qu’à Manaus, que t’aurais présenté Elvis à un réducteur de tête, tout ça tout ça…. » Rougy garda le silence, comme s’il attendait son avocat. « Et que Elvis aurait été rapetissé, genre Tarzan dans les bonzaïs, que tu te serais pris pour Emmanuelle quand elle jouait Margaret Thatcher dans « Chérie, j’ai rétréci l’Ecosse »…

 

 

Rougy tremblait comme un haïtien qu’aurait Parkinson. D’une voix blanche comme sa gueule planquée derrière ses lunettes noires comme ses idées, il hésita…

« - Gabrielle, tu brûles mon esprit…

- Je m’appelle Dorothée.

- J’ai déconné. J’ai pas été gentil gentil avec la concurrence…Pour Jimmy Hendrix, j’avais mes raisons, j’aime pas qu’on foute le feu au matos. Pour Claude François, c’est un accident, j’ai trébuché avec la sèche cheveux dans les mains, je me suis pris les pieds dans mon slip…. » Dorothée restait bouche bée, comme Emmanuelle dans « Par où t’es entrée, on t’a pas vue sortir ». Rougy poursuivit : « Je regrette juste d’avoir buté Freddy Mercury et Hervé Vilar. Là, j’ai perdu les pédales. Pour Bézu, aussi, je m’excuse.

- Oh…. » onomatopa Dorothée, qui tombait des nues, comme Emmanuelle dans son autobiographie « Jamais sans mon slip ». Elle chassait le lièvre, elle avait débusqué un lion. Fallait changer son fusil d’épaule, et charger les cartouches à rugbymen.

 

 

- Bon, je te veux pas de mal, Rougy. C’est juste que j’ai besoin d’un coup de main..

- Ben, reviens demain, je te paie tous les coups que tu veux.

- Fais pas le mariole. J’ai de quoi te faire couler plus vite que des boots en parpaings.

- Bon. En échange du service, dis moi où est Elvis, pour zapper la police…. » hexasyllaba l’artiste.

« - Je te dirai ça après. Voilà le marché :…

- C’est fou ce que ça ressemble à un bar de boîte de nuit, ton marché.

- Ecoute. Je veux me venger de Bobby, mon PD d’ex-mari. C’est un malin, un dur, un tatoué. Il se méfie. Il m’a quitté, il est injoignable,  il paie pas la pension. Depuis que je le connais il me pose des lapins. Et j’en ai plein le cul. J’veux lui faire du mal.

- Et qu’est ce que tu veux que je lui chante ?

- Tu connais tout le monde dans le show-biz. Faudrait que tu me retrouves  le lapin qui a tourné dans « Monty Python, sacré Graal  », le lapin tueur qui saute à la gorge des chevaliers. Et je vais le charger d’une mission : tuer Bobby.

- Non, moi c’est Rougy Vacances. Bobby, c’est ton ex…

- Ecoute l’idée ! Il me pose des lapins, c’est un lapin qui le bute. Tu vois la vengeance, le côté « C’est moi qui ai le dernier mot ? » Le côté « Celui qui a péché par le lapin périra par le lapin » ? Je le prends au mot, même si je l’avais pris hétéro et qu’il a tourné homo.

- Pas ce lapin, Dorothée. Pas lui », se tordit les doigts l’idole des jeunes. « Faut pas jouer avec le feu quand on est en paille. Je peux te faire rencontrer le Tyrannosaure de Jurassic 3, si tu veux…

- Pourquoi pas ce lapin ? » insista Dorothée. « C’est un killer, c’est c’qu’y m’faut. Bugs Bunny fera pas l’affaire, trop sensible.

 - Oh Marie… » chantonna-t-il.

« -Non, moi c’est Dorothée…                                                                                     

- Putain de coulis d’artichaut tiède…. Ce lapin, il a joué dans « Alice », après le film des Monty Python, et puis…

- Quoi ?

- Il a déconné », abrégea Rougy… « Il a pris la montre dans le film et il est devenu maître du temps. Maître du temps, chef des aiguilles, prince des secondes, Raymond Domenech des heures qui passent, …

- Ta gueule !

- Quoi, ma gueule ?

- Il me faut ce lapin, c’est une affaire de symbole. Il est où, ce lapin ?

- En enfer. Il est jardinier, il est responsable de la production des carottes. Il faut beaucoup de patience pour s’occuper des carottes, alors on a pensé à lui, vu qu’il est maître du temps. En enfer, il y a beaucoup de carottes. L’enfer est pavé de carottes. Des forêts de carottes. Il y a le même menu en enfer depuis toujours : en entrée betteraves, en plat carottes. Et pas de dessert.

- Ok. Tu vas me le chercher.

- Tu vas quand même pas me buter juste pour que j’aille chercher un putain de lapin tueur qui descendrait ton ex !!? Si c’est ça, je vais me le faire, moi, ton Bobby !

- T’aurais pas de mal à te le faire… Il s’est tapé Seb le mak, alors ….Coucher avec, c’est pas sorcier, mais pour le tuer on n’est pas couché ! Bobby est immortel. Enfin presque. J’ai tenté 42 fois de le tuer, sans jamais réussir. Pistolet automatique, poignard, formulaire de la sécu, cyanure, choucroute pas fraîche, courses à Auchan le samedi après midi, rien. Increvable, on dirait un pneu en kevlar. Il a pourtant une faille, comme la Californie, mais plus petite : son médecin m’a dit qu’il résisterait pas à une indigestion de lapin.

- Je vais aller en enfer juste pour te ramener un lapin tueur que ton ex va bouffer ?

- Pendant que t’y es, ramène moi aussi des clopes.

- Comment que j’y vais en enfer, moi ?

- T’as toujours ta carte à l’UMP ? » demanda Dorothée.

  

                                                                                                                                                 

 

 

 

Par grand guide suprème - Publié dans : l'amenagement du monde n'est pas chez ikéa - Communauté : Le monde selon Bobby
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