Bill Poulidor se débattait comme un beau diable ,ses articulations lui faisaient un mal de chien et l’air commençait à lui manquer
.Quelle ironie !
A quelques jours des élections ,quelques jours de son triomphe ,il allait crever là ,dans l’anonymat
d’une chambre de passe … Cependant ,alors que tout espoir semblait perdu il entendit des bruits de pas dans la chambre .Il prit une profonde inspiration ,une de celles qui auraient du l’empêcher
d’entrer dans ce foutu traquenard et gueula comme un veau qui comprend que son avenir en escalope . »Sortez-moi de là ! vite je manque
d’air ! A moi je me meurs ! « .Il y eut un long silence et Bill fut pris d’un profond désespoir comme lorsqu’il n’avait pas été élu délégué en classe de 5e à cause de
cette pimbêche d’Anne-sophie Durenton ,la chouchoute .Tout à coup ,la porte de la commode s’ouvrit comme celle de la cage aux oiseaux et la tronche de Charlie Spassjamérien vint se coller à la
sienne .Ce dernier vociféra :
« Non mais qu’est tu branles dans cette commode ,Bill .T’as
été engagé par le cirque du soleil ou quoi ? «
_ J’suis tombé dans une embuscade ,Charlie .Fait comme un rat comme
Davy Crockett à Alamo …
_ C’est donc çà ,la queue de raton laveur qui remue dans le tiroir de
gauche !
_ Non ,çà c’est ma bite !
_ Ben ,dis-donc tu fais dans la finesse maintenant …
_ Quatre plombe ,plié en deux dans cette commode ,je serai prêt à
re-tuer mon père et ma mère pour sortir de là !
_ A là ,je te reconnais mon vieux .Prends ma main ,je vais te tirer de
ce merdier …
Charlie Spassjamérien désincarcéra Bill avec l’aisance d’une escouade
de pompier de Paris et lorsque celui-ci fut hors du réduit ,il sectionna les liens qui le saucissonnaient avec l’opinel que son grand-père lui avait offert un jour ou ils étaient parti à la pêche
aux voix dans un cimetière de la banlieue de Bastia .Allongé sur le sol ,reprenant son souffle ,ses esprits et le cours de sa vie tortueuse ,Bill reprit aussi la parole et une part de tarte aux
pommes qui traînait là :
« Mais qu’est-ce que tu fabriques ici
,Pastaga ? »
_ On n’a plus de nouvelles de Brice depuis hier soir .Le bureau de
l’UMP s’inquiète car les élections approchent aussi vite que la marée rattrape les chevaux au galop dans la baie du Mont Saint-Michel et tu sais que
quand les mecs du bureau s’agitent ,ils appellent Pastaga et le réseau Tino Rossi .
Le réseau Tino Rossi était l’ex-bras armé de l’ex-RPR ,il avait
remplacé le SAC au cours d’une opération qui n’avait rien à envier à la fameuse Nacht und Nebel sauf que cela s’était passé en plein jour et au bar de la plage .
Dès lors ,à la moindre embrouille ,Pastaga et son équipe était chargés
de dissoudre le problème ,le plus souvent dans l’acide .Bill Poulidor raconta donc son histoire à Pastaga sans omettre le moindre détail .
« Donc Brice était bien là avec sa greluche hier soir et il s’est
volatilisé .Pouf ! », Conclua Pastaga
_ Pouf ?
_ POUF ! POUF ! POUF ! POUF ! ponctua Pastaga sur
un air archi-connu de Beethoven
Tout autours d’eux ,s’affairaient les membres actifs du réseau Tino
Rossi ,retournant la pièce méticuleusement ,pour retrouver une trace même infime du petit Brice comme aimait à l’appeler Pastaga .Un homme à l’accent corse à coupé au couteau se planta devant
Bill et Charlie et dit :
« On n’a rien trouvé .Nada .Peau de zob . Du travail de
pro ! »
_ Tu penses qu’on nous à barboter notre Brice à
nous ? ,questionna Pastaga
_ Soit on la fait disparaître ,soit il s’est payé un billet pour Hawaï
dans les deux cas son avenir vient de s’assombrir …
_ Le coup des vacances à Hawaï ,je doute .Il est allergique au soleil
,çà lui donne de l’eczéma .Non ,l’heure est grave ,la minute est sensible et la seconde n’est pas en reste ,Brice a disparu et il y a de fortes chances ,si je puis dire, qu’il soit mort
…
Un blanc s’installa dans la conversation ,laissant nos protagonistes
goûter la gravité de la situation .Pastaga reprit :
« Il faut prévenir le bureau de l’UMP au plus vite .Hier Villepin
.Aujourd’hui Hortefeux .Demain çà peut être ton tour Bill !
Bill sentit s’abattre sur son échine ,le couteau du boucher mais
Pastaga poursuivit :
« Non ,je déconne .Je vais te garder à l’œil ,tu vas rester avec
moi ,il y a une grosse soirée ce soir ,il faut absolument qu’on y soit «
_ Une soirée ?
_ Oui ,c’est une soirée de gala pour la sortie d’un film ,il y aura
tout le gratin tout parti confondu .Il faut qu’on se montre là-bas parce qu’avec Brice en carafe y vont manquer de comiques .En plus ,je suis sur que les salauds qui lui ont fait la peau seront
d’une manière ou d’une autre présent . »
Bill s’inclina devant tant de confiance en soi mais
modula :
« Le seul souci c’est qu’au départ je ne suis pas de l’UMP mais du
PS ,je sais c’est un détail mais ce soir cela peut avoir son importance si j’arrive avec toi ,genre copain comme cochon .Au parti socialiste ,çà risque de jaser sec
. »
_ Tu fais ta pucelle ,tout à coup ,ma couille ? Et Besson ,et
Kouchner ,et Rocard ! Il y a plus de socialistes au gouvernement qu’au congrès de Reims !
_ C’est vrai ,mais …
_ Mais rien du tout ,t’arrives avec moi ,genre gauche décomplexée
.Gauche caviar à la louche ,comme Strausskahn !
Bill eut son sourire de carnassier ,son sourire Jacques Chirac comme il
se plaisait à le dire .C’est vrai que la situation était particulière et que Pastaga était un intouchable .Alors à quoi bon minauder ,il fallait assumer ses nouvelles relations et montrer aux
socialistes ce qu’était la real politique !
Les aiguilles de sa montre se couraient après depuis un bon bout de
temps lorsque Georges releva la tête .Au loin ,un vautour lui apportait une lettre ou un colis .Georges posa sa bêche et s’approcha de sa maison .Il venait à peine de s’offrir une bière quand le
vautour lâcha la lettre dans le conduit de cheminée .Georges ramassa la missive et jura ses grands dieux ,ce qui était plutôt comique vu qu’il était en enfer !
Georges parlait tout seul et à haute voix ce qui évitait toutes ces
tournures de phrases à la forme passive qui rendent les textes lourds comme un bon mot de Brice Hortefeux .
« Enfoiré de sale petite fiotte ! Il m’envoie son invitation
en plein dans la gueule et il croit que je vais y aller avec un grand sourire et un bouquet de fleur ! Non mais il me prend pour son paillasson ou quoi ? J’ai ma fierté moi ,à
défaut d’avoir encore un public … «
Georges était passablement énervé son cousin le lapin Crétin l’invitait
à une soirée pour fêter la sortie de son dernier film .Georges exécrait ce petit arriviste sans talent .A son époque ,les artistes avaient du talent ! D’ailleurs , Georges était issu d’une
longue lignée d’artistes ,c’était un lapin de la balle .Primo, son père avait ouvert la voie en endossant le rôle de Pan-Pan dans le Bambi de Walt Disney .Puis ce fut le tour de Georges :
Sacré grâal ,Alice au pays des merveilles ,Qui veut la peau de Roger Rabbit ... Des succès à la pelle et un train de vie à faire pâlir bugs Bunny de jalousie .Et puis un jour le téléphone
qui sonne moins ,les amis de trente ans qui ne vous appellent plus et le téléphone qui sonne encore moins pour bientôt ne plus sonner du tout comme cette pendule qui ronronne au salon qui dit oui
qui dit non mais qui dit surtout t’es fini ,mon lapin .Alors après ce fut la descente aux enfers au figuré comme au propre ,Georges avait enchaîné
les petits boulots dans l’anonymat le plus complet jusqu’à ce que ce vieux Rougy Vacances lui propose un job de choriste sur une de ses tournées .De là ,il avait rebondit comme une balle qui
retombe toujours sur ses pattes .Il avait ressorti la vieille breloque qu’il avait chiper sur le tournage d’Alice ,histoire la porter chez ma tante car la tocante était en or et en diamant .Il
espérait en tirer un bon prix et repartir à zéro .Le problème ,en fait ,c’est que la montre était invendable ou plutôt qu’il ne pouvait plus s’en séparer ,elle était lié à lui comme Stone à
Charden .Elle possédait une sorte de pouvoir magique qui le rendait ,lui, maître du temps ,prince des minutes ,archiduc des secondes ,marquis des dixièmes de secondes et premier ministre des
nanosecondes .Cela ne l’empêchait nullement d’être à la bourre mais cela lui avait permis de trouver ce job de jardinier en enfer ,Lucifer avait trouvé son curriculum vitae ,furieusement cocasse
et depuis il pavait l’enfer de carottes pendant que d’autres s’occupaient des bonnes intentions .
Georges était particulièrement remonté et criait tout seul lorsque
Azael frappa à sa porte .Le lapin ouvrit à son pote ,l’ange déchu et lui proposa une bière bio à la carotte .L’ange accepta et dit :
« Et bien ,mon vieux t’en fait un bruit ,on s’entend plus torturer
les âmes perdues .J’ai même été obligé de mettre des boules Quiès pour finir mon boulot proprement «
_ C’est pas de ma faute ,Azael mais là c’est la goutte de sang qui fait
déborder la perfusion !
_ Quoi donc ?
_ Ce connard de lapin Crétin me jette à la gueule sa réussite et je
devrais faire profil bas ? Je suis le Maître du temps et je devrais fermer ma gueule et me laisser traîner dans la boue du déshonneur ?
_ Il t’invite c’est plutôt sympa ,lâcha Azael comme on pose une mine
antipersonnel dans un orphelinat
_ Son invitation c’est mon humiliation ! Il veut que je le vois se
vautrer dans le luxe pendant que je bine mes carottes !
_ Ta réaction me semble disproportionner .Va à cette soirée et
profites-en un maximum .Carpe diem ,mon pote !
_ Ne fais pas ton épicurien ,toi qui en as tant torturer
…
Azael eut un sourire nostalgique .
_ J’ai eu une journée de merde du début à la fin et la fin c’est cette
invitation !
_ Développe un peu si tu veux que je te suive ,dit Azael comme une
araignée tissant sa toile
_ Tout d’abord ,il y a mon pote Rougy Vacances qui m’appelle ce matin
parce qu’il a besoin d’un service en souvenir du bon vieux temps .Bref ,il me demande de dessouder un type pour une copine à lui .J’accepte le job parce que Rougy m’avait sorti de la merde
dans le passé .Bien évidemment je lui dit que j’ai des trucs à faire avant et que son truc à lui passera après mes trucs à moi ,il me dit d’accord .Donc ,je décide de rentrer ici parce que
j’avais des carottes sur le feu et je voulais arriver avant qu’elle soient cuites .Et là ,chez Sergio ,devant le miroir qui je vois ,le type de Rougy ! C’était presque trop beau ,je sors ma
carotte à cran d’arrêt et je me dirige vers lui pour lui trancher la gorge façon Ted bundy meet Ted Bunny quand un mec me saute dessus et m’entraîne à travers le miroir ! Je me retrouve dans
le noir ,il devait y avoir un bug dans le bordel et là un autre mec me roule une pelle en me pelotant le cul comme un gros pédéraste ! Heureusement ,pour lui, que j’avais perdu mon couteau
dans ma chute sinon je l’ouvrais en deux comme un fruit trop mur .Après j’avoue que c’est un peu le trou noir ,je me souviens vaguement avoir eu vachement faim .Lorsque j’ai retrouvé mes esprits
,j’étais quasiment arrivé ici .
_ Putain de journée ,Georges .Moi à côté avec mes petites tortures de
merde ,je passe pour un gros planqué de fonctionnaire …
_ J’étais à deux doigts de buter ce salaud de Bobby ,je l’avais à porté
de main maintenant dieu seul sait ou il est …
_ Bobby ? t’as bien dit Bobby ?
_ oui ,Bobby .Ce gros salaud de Bobby !
_ Alors là ,il n’y a pas que dieu qui sache ou il est
…
Georges fit une petite mou dubitative et Azael
ajouta :
« Mon petit lapin va falloir que tu mettes de l’eau dans ton vin
même si c’est déguelasse et que tu te torche le cul avec ton amour propre et là ,t’as du bol de pas être un éléphant avec la gastro !
Georges se fit interrogateur par le truchement de la communication non
verbale .Azael dit simplement :
« Bobby sera à la soirée du lapin Crétin «
Déborah était encore sous le choc de la disparition inexpliquée du mak
lorsqu’elle se résigna à prévenir Europécologie .Elle savait qu’elle risquait de perdre un de ses petits doigts pour faute mais la vengeance avait beau être un plat qui se mange froid ,elle avait
du mal à le digérer surtout quand le steack disparaît de l’assiette alors qu’on s’apprête à le dévorer .
« Boss ? «
_ je t’avais dit d’éviter de trop m’appeler ,c’est louche si je vais
pisser toutes les deux minutes .Ils risquent de m’emmener chez le véto pour incontinence comme Mémé Jacqueline lorsqu’elle s’est lâchée sur le canapé à la fin d’une grosse
soirée
_ Boss , le mak a disparut sous yeux ébahis
.Pouf !
_ Pouf ?
_ POUF ! POUF ! POUF ! POUF !
_ Il a parlé au moins avant de disparaître ?
_ Non ,il est resté stoïque comme Sénèque dans sa baignoire
…
_ Bah ,il faut retrouver les autres Bobby ou Prof et les faire parler et cette fois-ci sans le Pouf …
_ Le petit souci ,c’est que José et Nico sont un peu choqués .Le mak a
rien dit du tout ,ils font à moitié un burn out …
_ Il ne manquait plus que çà ,des bourreaux
dépressifs !
_ Ils me font de la peine ,ils regardent les stroumphs en boucles
depuis la disparition du mak
_ Désolé ,mais j’ai pas de psychologue sous la patte
…
_ Peut être qu’un arrêt maladie ?
_ Ils ne veulent pas partir en cure ,non plus ?
_ Vous savez ,il y en a un qui maigrit à vu d’œil
_ C’est pas l’autre qui le bouffe par hasard ,c’est déjà arrivé avec
des rugbymen
_ L’autre en question ,il ne sait tellement plus ou il est qu’il a fait
pipi dans la table de nuit tout à l’heure …
_ La situation est grave mais pas désespérée ,ma petite .A vue de
truffe ,tu peux pas grand chose pour eux alors tu les laisses là et tu te mets en chasse des types de la section Jaurès que j’ai pas sous les yeux .Pour José et Nico ,tu leur administres deux
litres de lexomil et la moitié de leur poids en tranxène après tu mets le feu à l’appartement ,on peut pas s’encombrer avec des loosers .
Déborah exécuta les ordres d’Europécologie avec zèle ,doublant même la
dose de tranxène au cas ou … Puis elle s’habilla et sortit dans la rue .Le soleil commençait à se coucher sur le lundi soir au rythme du bruit des talons aiguilles de Déborah résonnant sur le
pavé et la faune nocturne commençait à sortir du bois comme dans « la revanche des zombies sodomise emmanuelle « .Déborah s’arrêta devant chez Sergio ,le hasard faisait parfois bien les
choses disait Niels Bohr .
« Non mais c’est quoi ton pouvoir à la con que tu me donne
,Lucifer ?
Tu veux que je bosse pour toi et tu me files ,royalement, le don de me
changer en moule à gaufres ! J’ai hâte d’affronter les anges exterminateurs à la crêpe partie «
_ Je te trouve bien présomptueux ,Bobby .D’une, tu n’as pas le
choix et de deux ,c’est vachement impressionnant un moule à gaufre pour de mecs qui passent leur temps à voler de nuage en nuage …
_ soit ,dis-je ,de toutes façons je ne pouvais pas dire grand chose
avec un pouvoir aussi pourri et face aux princes des ténèbres …
Lucifer roula des yeux amusés et dit :
« C’est là que je te laisse parce que si je t’aide ,l’empreinte de
ma présence te collera à la peau comme un vieux chewing-gum et cette présence serait rédhibitoire pour notre affaire ,enfin pour mon affaire … »
Le diable disparut dans un fameux Pouf .
J’étais là ,comme un con , il fallait que je retrouve Prof et le mak au
purgatoire pour tuer Saint-Pierre .Je commençais à regretter mon divorce avec Dorothée ce qui était toujours de très mauvais augure …
Je n’avais qu’une seule piste mais c’était déjà plus que dans l’affaire
du petit Grégory ,je devais me rendre chez Sergio et emprunter le miroir magique qui va Haïti en passant par le purgatoire .
Lorsque je pénétrais chez Sergio ,il y avait un monde fou .Je ne venais
jamais à ces heures là et l’ambiance enfumée à outrance me rappela tout de suite une fille que la mak m’avait fait essayé une fois ,histoire de parfaire le rodage … Sergio trônait derrière le bar
comme Saint-louis sous son chêne ,lançant des vannes à tour de bras et exhortant la plèbe de venir au bar parce qu’il offrait sa tournée .Je m’approchais du bar,essayant de choper le regard de
Sergio et espérant qu’il comprendrait ce que je voulais dans l’intensité de mon regard .Sergio me vit et cria :
« Une bière pour Bobby ! »
J’acceptais par politesse ,retentant le coup de l’intensité du regard
en buvant ma pression .Sergio me dévisagea et dit : « une deuxième ,mon pote ? »
Décidément ,cette technique de communication ne valait rien et je me
surpris à me souvenir qu’une fois dans le passé j’avais tenté cette approche avec une fille qui m’avait attaqué pour viol sur son chien .J’avais surement refoulé cette histoire toutes ces
années mais là ,face à l’incompréhension de Sergio ,elle remontait à la surface de ma conscience tel le hollandais volant hantant les sept mers .J ‘allais expliquer de vive voix mon histoire
à Sergio lorsqu’une main douce et sensuelle me saisit le poignet dans un geste lascif qui valait bien une petite pause dans ma mission diabolique . Je tournais la tête et vit une jeune fille vêtu
d’une robe en cuir et de talons aiguilles ,ses cheveux ramenés en chignon sur le haut de son crâne lui donnait un air de prof de français terriblement érotique .Au vu des piètres résultats de ma
communication visuelle ,je décidais d’attaquer directement avec la bouche ,laissant sortir les mots en ordre dispersé comme une défense tricolore dans la banlieue de Viennes .
« Hello, mademoiselle ,je m’appelle Bobby et
vous ? »
_ On m’appelle Déborah mais tu peux m’appeler « ta chose
«
Sa robe bustier compressait sa poitrine et la projetait vers l’avant
avec une telle sensualité qu’il y avait de quoi oublier veaux ,vaches et cochons et partir sur une île déserte pour vivre d’amour et d’amour parce que franchement je ne lui laisserais pas le
temps de boire …
« Donc ,ma chose qu’est-ce que tu fais ici ,c’est plutôt un bar de
beaufs .C’est pas pour dire que c’est pourri ,j’adore Sergio mais disons qu’en général ici c’est plutôt PMU-ricard-rapido que lieu branché avec de la coke dans les chiottes
«
_ En fait ,je portais un petit pot de beurre et une galette à ma
grand-mère et j’ai vu de la lumière .Je me suis arrêtée dix minutes ,pour faire une pause et je t’ai vu ,tu as illuminé cet endroit sinistre et j’ai su que tu étais l’homme de ma vie
…
_ T’emballes pas quand même ,ma chose .J’ai déjà été marié une fois ,je
mord encore les couilles depuis …
_ Si tu aimes avoir mal ,j’ai un fouet télescopique dans mon tube de
rouge à lèvre …
_ C’est un martinet ou un fouet ,dis-je ,feignant d’être un pervers
complet
_ un gros martinet avec des clous …
La proposition ,la meuf ,le martinet et les deux mousses dans la
tronche titillait ma curiosité insatiable .Sa main glissa de mon poignet à mon coude ,puis de là à mon épaule et revint à mon coude pour retourner à mon poignet.
Je lui dis :
« Au lieu de tourner autour du pot ,montres-moi ton martinet
,petite cochonne «
Elle s’apprêtait à tout me déballer lorsque Sergio débarqua à la table
,lui et sa grande gamelle .
« Bah ,alors Bobby ,tu fais quoi ce soir .Je croyais que tu avais
des trucs à faire et je te vois fricoter avec cette donzelle pendant que les potes sont au turbin ? »
_ C’est pas ce que tu crois ,Sergio .Je bosse aussi mais là ,la dame
,souhaitais me montrer sa collection de timbre ,si tu vois ce que je veux dire …
Je lançais trois clin d’œil signifiant « casses-toi connard »
mais ce con enchaîna :
« T’étais pas venu pour me demander d’aller à
Haïti ? »
Je tressaillis comme un taureau privé de saillis et un marcel
Dessaillis aussi .
« Comment tu sais çà ,Sergio ? »
Sergio claqua des doigts et le temps s’arrêta ,figeant tous les clients
tel des statues de marbre .A côté de moi ,Déborah s’était aussi figée sa main écrasant mon sexe qu’elle venait tout juste de trouver après moultes de détours par mes genoux et mes épaules
.J’étouffais un cri de douleur et pris un air détaché .Sergio expliqua :
« Comme tu dois le savoir ,tes amis ne sont pas à Haïti mais au
purgatoire parce que Dieu avait besoin d’eux .Il ont traversé le miroir qui n’est autre qu’un nouveau modèle d’échelle de Jacob dont je suis le gardien ,l’ange gardien même
. »
J’étais sur le cul ,j’encaissais la nouvelle pendant que ma chose
m’écrasait les burnes .Sergio dit :
« Je sais que tu viens pour utiliser le passage mais je sais aussi
que tu portes la marque du diable sur ta main gauche «
Je regardais ma main gauche vis l’inscription : » Marque du
diable « tatoué entre « maman je t’aime « et « a Marcel ,pour toujours «
« J’ai rien contre toi BOBBY mais je ne peux pas laisser entrer le
diable au paradis simplement parce que tu es sympa . »
_ Mais comment je vais faire ,moi ? j’ai une dette à
rembourser à Lucifer et une gonzesse qui me ruine la bite ,et maintenant toi qui me dit d’aller me faire foutre .J’ai pas trop le choix ,faut que j’y aille au paradis parce que Lucifer il ne va
pas me laisser tranquille ,c’est pas un ange comme toi ,lui c’est un démon et il ne me paie pas de bières …
_ Ecoute Bobby ,je devrais pas te le dire mais t’es un pote .C’est pas
de ta faute si le diable t’as mis la main dessus ,c’est arrivé à des gens bien ,c’est la vie ,c’est le jeu . Voilà ,ce soir il y a une soirée de gala pour la sortie d’un film ,tout le gratin sera
là et quand je dis tout le gratin çà veut dire des gars qui peuvent t’aider .Je ne t’en dis pas plus ,je t’en ai déjà trop dis …
La foule reprit d’un coup son brouhaha assourdissant ,je me levais d’un
bond entrainant avec moi le bras de ma chose rivé à mon truc .Dans sa chute ,elle lâcha prise libérant mon corps de son emprise .Elle se releva et me dit :
« qu’est-ce qu’il y a ,tu vas ou ? »
_ Je vais à une soirée ,çà peut être dangereux ,ma puce .C’est pour les
grands
_ Je te suivrais jusqu’au bout du monde ,mon
amour !
_ Commençons par le bout de la rue ,c’est là-bas que çà se passe
…
Le vrombissement de la Harley Davidson fit sursauter europécologie qui
aboya à la mort .Sherpa se précipita à la fenêtre pour contempler l’engin .Tel une amazone ,Mémé Jacqueline domptait la bête moulé dans une combinaison en cuir léopard ,elle était magnifique .Le
klaxon de l »engin retentit puis Mémé cria :
« Sherpa ! Sherpa ! Habilles-toi ,on sort ce
soir ! »
Sherpa sortit en trombe et bafouilla :
« On va ou ,madame ? »*
_ J’ai deux invitations pour la plus grande soirée de
l’année
_ Du poirée et des côtes panées ,j’adore çà !
_ magnes-toi le train ,on va être en retard
_ Oui je prend le chien ,ce bon vieux clébard ,il adore la moto
…
Mémé Jacqueline ajouta :
« Ma vieille copine Emmanuelle sort son dernier film « haut
les mains ,peau de lapin ,baisse ton slip ,petit coquin « avec ce filou de lapin Crétin et j’ai pas envie de rater la fête ! »
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