A poil les poules ! épisode 2/5

Publié le par grand guide suprème

 

 

Et puis un soir, tard, Oliver se pointe dans la yourte collective. Il dit bonjour à tout le monde, on était tous les 4, 5 avec lui. Seb, Manu, Nath, moi et Olivier. Puis Manu dit : « Pas de messe basse sans curé! » On lui explique qu'en fait Olivier parle normalement, qu'il faut qu'il remette son appareil. « Oui, ben non, c'est pas pareil, moi je veux entendre aussi ! Il faut que tu parles plus fort ! » On lui met son appareil dans l'oreille, sans lui dire ce que Seb en a ait l'autre soir. Seb dit « Ah, ça se met comme ça ? ». Je leur demande de fermer leur gueule : Oliver ne se pointe pas un dimanche soir à 23h00 pour entendre nos conneries. Plutôt pour nous dire les siennes.

« - Les gars, je vais avoir besoin d'un coup de main.

- Ok, Si c'est pour boire un coup demain, viens pour l'apéro, vers 18h00 ! » que je lui dis, avec cet humour qui fait passer Djamel pour un économiste grec.

- Comment dire ? J'ai besoin de vous, là, maintenant. Et j'ai aussi besoin que vous soyez pas trop regardants sur ce que je vais vous demander.

- Tu sais, de nuit, comme ça, à moins de sortir la lampe frontale, on va pas être trop regardant ! » qu'il dit, Seb, le nez dans sa bière.

- Vous avez des pelles ?

- C'est pas une heure pour faire du jardinage, si ? », interronégationne le Manu.

 

Je vois le Oliver hésiter, louvoyer, hésitant comme l'albatros du poète, mais déplumé et roulé dans du goudron. Alors que son style normal est direct, style la droite qui est le plus sûr moyen d'aller rapidement d'un point à un autre sans passer par le périf. Ça sent l'embrouille, comme dans le slip de DSK. Mais c'est un ami, un vrai, alors s'il faut aller planter des choux de nuit, on ira. Sauf que j'ai plutôt l'impression qu'on est parti pour aller planter le jardinier.

« - En fait, articule-t-il pas bien, j'ai un colis. Qu'il faudrait mettre en lieu sûr.

- Tu sais, Oliver, la forêt de Montgeon, c'est pas la banque de France, sauf si tu comptes sur les racines pour faire vigile.

- Oui, Virgile et Racine ont écrit des trucs très bien, mais là c'est pas un horaire pour faire café littéraire ? » demande Manu, qui n'entend pas bien et aurait bien été se lover dans les bras de Morphée.

- Le colis, tu le reprends quand ? » que je lui demande, en voyant venir le sac de poudreuse gros comme un éléphant rose dans un couloir hallucinogène.

- Le colis, je le reprends pas. »

- On peut le consommer, le colis, alors ? » demande Seb, qui ne crache pas sur un bon shoot de temps en temps, tant qu'il y a pas besoin de se foutre en short.

- Tu peux consommer, si t'es nécrophile », qu'Oliver laisse tomber comme une bombe atomique sur un magasin de porcelaine à Hiroshima.

- Oui bon ben alors on file, d'accord ! » abrège Manu qui est le seul à ne pas rester bouche bée. Et il sort avec la pelle sous le bras.

 

Bobby disait, sans qu'on comprenne forcément, que si la mort c'est le drapeau américain qui flotte sur la Lune alors la vie c'est une étoile filante. 

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