A poil les poules ! épisode 5/5

Publié le par grand guide suprème

 

 

Le lendemain midi, Seb met les pieds dans le plat et explique qu'il ne veut pas remettre le couvert. Il veut qu'on trouve une solution, que ça s'arrête. « Des cadavres enterrés dans la forêt de Montgeon, quand il y en a un, ça va, mais quand il y en a plusieurs... », il dit.

On est un peu d'accord, Manu opine du chef, mais dans le fond le chef, c'est Oliver. On relativise, mal. Nathalie, qui anime la section écolo du mouvement zapatiste, fait remarquer que ça bouleverse l'écosystème des taupes, tout ça. On ne sait pas quoi répondre, à part que Oliver c'est un ami et qu'un ami, c'est sacré. Seb se barre en claquant la porte qu'on n'a pas. Il revient pas, alors qu'on a fait des frites. L'ambiance est tendue.

 

Le soir, Oliver se pointe, avec l'air pas frais, comme s'il avait bouffé le dernier thon rouge tout cru. Avec le Manu, on se regarde et, tout à coup, on réalise que c'est peut-être Seb qu'on va enterrer ce soir. Que notre ami Oliver a peut-être zigouillé notre ami Seb. C'est la merde. Surtout que ça représente un trou énorme. Dans nos cœurs d'abord, et puis dans la terre ensuite.

Sans un mot, on sort de la tente, les mains crispées sur nos instruments. Olivier ouvre la marche, je ne sais pas qui donne le premier coup de pelle qui lui ouvre la tête. On pleure beaucoup en l'enterrant, on lui trouve un coin sympa où casser sa pipe de sous-commandant-Marcos-toujours. Il a pas eu une belle mort mais on lui fait un chouette enterrement. On retrouve sa caisse, mais pas le corps de Seb. Dans la tente, l'absence de Seb fait un grand vide. Ou plutôt un gros vide.

 

Le lendemain matin, on se lève en se disant qu'on pourra aller se coucher de bonne heure comme si on était des madeleines en fleur, comme disait le poète. Et puis on voit le duvet de Seb, vide comme une carapace de crabe sur la table d'un restaurant de fruits de mer, avec en gros la même odeur de mort. Le cœur serré, Manu ne finit pas son petit déjeuner.

 

Sonia débarque vers midi. La suite se passe comme suit et de commentaires :

«  - Salut les gars. » On regarde tous nos chaussures. Qui c'est qui va lui annoncer que son mec était un serial killer mais que c'est pas grave vu qu'on l'a zigouillé ?

"- Vous auriez pas vu Oliver récemment, des fois ? Il est pas rentré hier soir et c'est pas son style de découcher. Depuis qu'il a monté son auto-entreprise de pompe funèbre hard discount, il bosse comme un fou.

- …..

- Il vous en pas parlé ? Je pensais même qu'il avait essayé de vous embaucher, mais ça l'emmerdait de vous faire des contrats, des fiches de paie et tout le bordel. Bon, je vous laisse, j'ai Seb à la maison, je sais pas ce qu'il a en ce moment, il s'est pointé ce matin très tôt tout énervé et il crie « Oliver, ma pelle ! » ou « Oliver m'appelle ! », j'ai pas bien compris, tout ce que je sais c'est qu'il m'a retourné le jardin pire qu'une bande de sangliers ! 

- ….. »

 

 

  Quand on va raconter ça à Bobby, il va dire : « Plante un ami, il te poussera des ennuis. » 

 


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bobby 27/03/2012 22:00

Tres sympa
C'est dommage que seb ne meurt pas a la fin
Je trouve que le recit se suffit a lui meme
Pas la peine de penser a une suite (godzilla fait du poney )

Coq au jus d'abricot 21/03/2012 22:32

Je pensais qu'Oliver avait zigouillé tous les banquiers du Havre depuis notre dernière discussion sur la dette !

ggs 18/03/2012 22:20

Faut voir. Dans l'idée, non, mais ça peut se faire. Si tu as des idées, vas-y !

Miteny 18/03/2012 19:44

Il y aura une suite ?