Camus signe au Paris saint étienne football club.

Publié le par grand guide suprème

                
               On ne fait pas que causer foot, des fois même on y joue ! J’ai bien observé les acteurs du grille-pain samedi après midi, dans le bourbier du terrain qui aurait fait passer l’Afghanistan pour une plage corse.

 

               Bobby, ce serait notre Youri Djorkaeff à nous. Un genre de milieu offensif presque attaquant presque serpent. The Snake, on l’appelait, le Youri. Nous, Bobby, on l’appellerait « Le lombric ». Il se glisse sans bruit dans les défenses comme le boa se glisse sur la glace des igloos. Il pique les ballons comme le serpent à sonnettes les pattes des gens qui viennent sonner. Il est difficile à attraper, sa peau est recouverte d’un tapis d’écailles bleues et blanches avec marqué Maradona dans son dos. Il se faufile, c’est un faux lent. Il a des contre contre-appels qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à des appels. Il est à peu près aussi efficace qu’un plan banlieue. Mais il aime le beau jeu, d’un amour désintéressé,  comme l’interdit bancaire aime la machine à sous.

 

               Miteny, c’est notre Makélélé blanc, notre Amazone de la défense en zone, notre  Océan Pacifique de la passe dans le dos, notre Grand Timonier du grand pont trop long, notre Messie des six mètres. Son royaume est limité par des lignes blanches sur lesquelles il surfe comme un cocaïnomane. Il a une tactique : 1/ il  pousse le ballon très loin, puis 2/ court très vite et 3/ frappe très fort. Parfois, il fait ça en face des buts, et c’est beau. D’autres fois, il arrive au point 2 sans le ballon, ce qui ne l’empêche pas de passer au point 3. Alors il frappe très fort dans le poteau ou le mollet d’un adversaire.  On ne sait pas où sa grande puissance serait la plus utile pour son équipe, Bobby dit que c’est dans l’équipe d’en face. Si Bobby avait les bons ballons comme il a les bons mots, il serait le phénix des déserts verts de nos vestiaires.

 

 

                 Pour ma modeste part, des experts avisés auraient pu  me surnommer le Bixente Lizarazu des Carpates. J’ai sa fougue défensive qui ferait passer Gatuso pour un fleuriste et sa qualité de passe, capable d’éteindre la cigarette du goal à 18 mètres sans le décoiffer. Il me manque une jambe et 1,72 poumon pour réussir ses débordements, les siens rappelant les vagues colossales de son Biarritz, les miens s’apparentant au débordement du seau sous l’évier un jour de pluie en ma Normandie. Je suis également goal à l’occasion, mais uniquement parce que les autres n’ont pas le droit de se salir. On m’appelle alors La ligne Maginot, vu que, quand on me tire dans le nez, je l’arrête, mais que le ballon fait souvent le tour.

Publié dans Potins

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