Clearstream 2.0 ou 2.1 ou 2.3

Publié le par Didier Barbelivien

Cela m'avait paru durer une éternité. Le tsar cosy s'agitait dans tous les sens comme un insurgé de la république malencontreusement heurté par une rafale de tazer. J''avoue sincèrement, qu'à ce moment précis, je n'avais cure de toute cette agitation car ma priorité à l'instar de la vérité et de l'avenir des roms était ailleurs. Dans mon malheur, je n'avais aucune formule magique ni mantra à déclamer (ce qui simplifiait les choses vu mon absence de bouche ) pour me transformer en rolex submariner modèle sean connery en moule-bite jaune et ursula andress dégoulinante de désir.Tout fut bref et indolore comme une réforme fiscale socialiste et en moins de temps qu'il ne faut pour dire :"taux marginal d'imposition à 75 %",je me retrouvais au poignet du mister 100000 volt de la politique.
Est-ce la soudaine sensation de lourdeur  à son poignet qui lui fit baisser les yeux sur moi  ou le pressentiment d'une fulgurance absconse  ? Bien malin qui aurait pu répondre. Toujours est-il que lorsque son regard croisa ma grande aiguille, il y eut comme un je ne sais quoi d'electrique, comme un accord hypertendu de django sur ampli stimer année 53 durant sa période bop. Ce fut lui, ce fut moi, ce fut nous et ce fut cette tache rouge au beau milieu de son front comme la marque de shiva ou comme un dormeur du val qui ne saurait pas bien viser.l'expression du tsar cosy se figea en un rictus puis il bascula à l'arrière sur son fauteuil ancien régime. Un silence s'abattit, alors, sur l'assistance.Un silence de mort et de circonstance puis une longue plainte suraigue monta doucement suivit d'un accord beaucoup plus pauvre que ceux de django, tous se tournèrent vers carlita qui avait pris son instrument et qui avait retrouvée l'inspiration tandis que le tsar perdait la sienne.
Le groove de la ligne de basse florentine laissa assez rapidement sa place au staccato des cris et des hurlements. Tout à coup, la porte s'ouvrit à la volée et une silhouette se découpa dans la lumière, c'est à ce moment précis que je vis une lumière douce et agréable et que je cèdais aux sirènes de cette lente torpeur.
 
Lorsque je repris mes esprits, je me trouvais dans une clairière, la tête baignant dans une mare de boue et une pluie fine parachevait cette scène idyllique. Dans cette embrouillamini, j'avais retrouvé mon apparence humaine et cela faisait un bien fou. Doucement, je relevais la nuque pour jeter un regard circulaire alentours, reflexe de survie en milieu hostile hérité de mon passage dans l'armée comme premier violon. A côté de moi, gisait le tsar cosy.Il était étendu sur le dos, la bouche entrouverte mais son front était intact, il n'y avait plus le l'orifice laissé par la balle. J''en perdais mon latin. Comment était-ce possible  ?
Je me relevais prestement eu égard à ma souplesse légendaire acquise durant mes longues années de judo et cette ceinture verte atteinte à neuf ans. Puis, sans doute par charité chrétienne, je relevais le tsar, il ouvrit les yeux. Il balbutia :"carlita   ?"
- pas vraiment, lui répondis-je
- ou suis-je, continua-t-il
- je ne sais pas non plus, poursuivais-je
- et ma balle dans la tête
- on a n'a encore perdu le camembert science et technique, mon pote, là non plus j'ai pas de réponse. ...
- qui es-tu  ? , bordel de merde, questionna le tsar agonisant
- je suis ton père, lui répondis-je de manière éculée et avec un don artistique certain
Ses yeux devinrent tout rond et je pus lire l'interlocation dans son regard vitreux..
Nous nous relevâmes, nos jambes endolories et flageolantes semblaient aussi solides qu'un accord ps-vert sur le nucléaire. Cahin caha, nous nous dirigeâmes vers un chêne centenaire, la pluie s'était arrêtée. J''aidais le tsar à s'assoire au pied de l'arbre, dans la lumière blafarde, il avait un faux  air de saint louis à la grande époque, avant la peste et que tout parte en sucette. Il me sourit :"alors comment vus appelez-vous  ? "
- bobby
- bobby comment  ?
- juste bobby
- c'est jolie comme prénom  .... Dit-il en me prenant la main
- Comme dirait mon ami le mak, je suis ouvert à toutes les opportunités monsieur le tsar cosy mais là, à ce moment précis et avec ce qu'on vient de vivre, je suis pas chaud pour me rouler dans l'herbe avec vous  ...
Le tsar fit la moue. Puis il dit :"j'ai pris une balle dans la tête et je suis là entrain de te parler, je crois que cela se fête  ?"
- et vous ne vous demandez pas comment c'est possible, comment on peut prendre une bastos dans un salon cossu et se retrouver dix minutes plus tard, non pas à la morgue, mais dans une putain de clairière   !!!
- vous croyez qu'on est mort   ?
- mort ou vivant, y a deux heures j'était de la moussaka et y a dix minutes, une rolex ;jamais einstein n'a été autant d'actualité!
- vous étiez de la moussaka  ?
- j'avais mes raisons. ...
- et sans être indiscret, c'est quoi les raisons de devenir de la bouffe  ?
- surement des raisons à la con mais surement moins cons que celles qui font qu'on prend votre tête pour un canard sauvage  !
Le tsar passa machinalement sa main sur son front puis enchaina :"  je crois qu'on est parti sur de mauvais rails tous les deux, tout çà est parti trop vite, ma balle, votre moussaka, ce temps de merde et pis en plus on est sans doute mort "
- oui, on pourrait être mieux lotis
- dans une autre vie, je vous aurais bien vu ministre. ...
- dans une autre vie je me serais bien vu président. ...
C'est alors qu'une voix résonna dans la clairière :
"moi aussi, je me serai bien vu président "
Nous eûmes à peine le temps de tourner la tête pour poser un visage sur cette voix que le tsar hurla. Une lance préhistorique lui transperçait le bide faisant jaillir ses entrailles aux grands jours, les harruspices ne lui semblaient pas favorables. Derrière moi se tenait dominique de villepin, un sale sourire aux lèvres et un air revanchard à la mohammed ali avant le parkinson.  
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