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Publié le par bobby

« C’est encore loin ? «  ,la question déchira le silence de mort qui règnait aux enfers .

« Heu ,non ,je crois qu’on y est bientôt … » ,hasarda Orphée avec l’aplomb d’un menteur professionnel qui ne mangerait pas souvent.

« Non je dis çà parce que depuis qu’on est parti ,çà fait deux fois qu’on repasse devant l’immeuble ou j’habitais ,alors je me renseigne … C’est vrai qu’on a l’éternité ,çà nous laisse de la marge … mais j’ai un come-back sur le feu alors le tourisme même pas sexuel çà gonfle un peu ! « ,questionna  Villepin en agitant ostensiblement son brushing impeccable de vieux lion rusé .

« Faudrait quand même voir à se calmer un peu la rondelle ,monsieur .Je vous signale qu’on m’a crevé les yeux pour votre bien ,pour ne pas qu’il vous arrive des bricoles en forme de statue de sel qui vous font des oedèmes disgracieux au-dessous du brushing ! « s’esclaffa Orphée comme seul les aveugles savent s ‘esclaffer lorsqu’on leur demande s’ils se sont perdus en attendant les bus dans les toilettes publics …

Villepin sentit l’injustice de sa remarque lui remonter le long de la moelle épinière .Il aurait mieux fait de tourner sa langue sept fois dans sa bouche .A présent ,il s’en voulait un peu ,pas beaucoup mais un peu quand même ,juste de quoi avoir des remords .Cette sensation bizarre sûrement dérivé d’un relent de compassion que son engagement politique n’avait pas encore éradiqué lui donna la nausée .Décidément ,la mort le ramollissait et lui passait la gnak au court-bouillon .C’est pas avec de l’empathie mielleuse et des bons sentiments dégoulinant qu’il allait bouffer les couilles du tsar cosy avec des fèves et du chianti ! C’est alors qu’Orphée s’écria :

« Cà y est ,je crois que c’est là ! vous voyez la lumière au fond du tunnel ? »

Evidemment ,il n’y avait rien .Orphée était un aveugle de mauvaise foi mais il avait un joli petit cul et cette donnée n’avait pas échappé à Villepin …

Depuis le temps qu’Orphée se dandinait devant lui ,Villepin était un peu émoustillé et il sentait la force irrépressible d’un rapprochement républicain tendre son calbut aussi sûrement qu’un discours à la tribune de l’ONU .

« Bon alors ,vous la voyez ,oui ou merde ,cette putain de lumière ? » s’impatienta Orphée comme un aveugle impoli .

Villepin eut un rictus de lendemain d’élection ,de ces lendemains qui chantent et qui sentent le champagne et la cocaine de la gagne … Son corps n’était que tension à soulager … Il saisit un gourdin qui trainait dans son slip et frappa Orphée .C’est alors que  l’intro de « que je t’aime «  déchira le silence qui commençait a avoir pas mal de trous à sa culotte et laissa Villepin interdit …

Villepin tomba à genoux ,des larmes perlaient sur ses joues mal rasées mais républicaines surtout autours des oreilles .Il renifla un grand coup et prit son pouce en susurrant : »Rougy ,mon rougy « .

 

Nous étions quatre et noue étions  jeunes et beaux .nous habitions Noisy-le-sec .Nous étions aussi  trop cool et de surcroit musiciens mais  par dessus tout nous détestions  les phrases avec des compléments circonstancielles et toutes les conneries du Becherel qui se la pètent et vous écrasent de leurs conjuqaisons  discrimantes .Nous voulions être plus connus que Dieu ,un peu comme les beatles mais en mieux (sans les conneries beatniks et les chinetocs qui ressemblent à rien et qui pensent que coucher avec lennon c’est comme écrire imagine) et çà aurait pu être le cas …

Il y avait Dominique ,dodo pour les potes ,il jouait de la basse comme ringo star et c’est à lui qu’on devait le nom du groupe : « les rats susceptibles « classieux et blouson noirs à la fois ,faut dire qu’il était le seul à lire des livres .

Le second ,vous l’aurez deviné ,c’était Rougy vacance ,la voix des rats .Il habitait sur le même palier que Dodo comme quoi il n’y pas de hasard et cela nous arrange bien …

Le troisième de ces trois matelots ,c’était moi ,Elvis .J’avais rencontré dodo sur le palier de chez mes vieux qui était aussi son palier et par conséquent celui de rougy .J’avais d’ailleurs proposé au départ comme nom de groupe : »les voisins de paliers «  mais dodo avait dit que cela faisait prolétaires et que la pauvreté ne faisait plus rêver les jeunes ,que c’était les trente glorieuses et Qu4il y avait un milliard de raison sociologiques pour qu’il ait raison et moi tord ,de plus il était le seul à lire des livres .C’est à ce moment là que j’ai sentit qu’un jour il voterait à droite aux cantonales .Je ne savais à quel point j’étais loin du compte et qu’aux chiffres et des lettres  de la vie ,Bertarnd renard me regarderait toujours avec l’air suffisant du mec qui connaît la table de 19 par cœur et qui te le fait bien sentir … Dans le groupe ,moi aussi je voulais chanter mais dodo disait que j’étais pas assez rock et que mon grain de voix faisait aussi viril que siroter une infusion de verveine devant bonne nuit les petits et que sociologiquement il y avait aussi un truc qui n’allait pas  .Je me mis donc à la guitare et à la lecture de Marx pour clouer le bec de dodo qui faisait que la ramener avec son BAC de bourgeois et sa carte du RPR dédicacée par chaban delmas .

Le dernier du groupe n’habitait pas sur le palier ,on aurait pu jamais le connaître .C’était un français de deuxième génération comme on disait à l’époque ,il venait des pays de l’est et à chaque fois qu’on lui disait bonjour ,on vérifiait qu’il ne nous faisait pas les poches .On disait dans le quartier qu’il était capable de vous soulager de votre larfeuille tout en jouant de l’accordéon !

Lui c’est Rougy qu’il l’avait repéré dans la rue ,un soir qu’il faisait la manche avec son frère ,il avait eu une illumination : il nous fallait un romano dans le groupe ,çà ferait plus roots ,plus blousons noirs bref les beatles auraient chauds au cul …Dodo qui faisait un peu le chef n’avait trouvé aucune justification pour dire à rougy de remballer son idée de merde et moi qui ne partait jamais en vacance ,avec le roumain ,c’était comme si je partais à bucarest tous les jours (un jour sûrement je voterai à gauche aux cantonnales ,faudrait pas que dodo l’apprenne )

Nous étions donc au complet :dodo ,rougy ,le romano et moi ,les rats susceptibles étaient nés et les filles n’avaient pas fini de mouillées leur petites culottes en se caressant avec nos disques !

C’est donc à cette époque qu’on a commencé à tourner dans les bars puis dans les petites salles et de fil en aiguille ,parallèlement à la carrière politique de dodo ,on a eu des contrats avec certaines mairies ,des MJC et quelques maisons de retraites pleines de vieilles pleines aux as et pas insensibles aux accents de la mer noir .La consécration vint avec notre 45 tours : » retiens-toi la nuit ou je reprends la bouteille de whisky «  .Nous étions devenus des vedettes , de véritables icônes tout au moins à Noisy-le-sec et sa banlieue proche . La chute n’en serait que plus terrible. Evidemment nous ne nous rendions pas compte à quel point la célébrité pouvait être un cancer larvé pour des jeunes, qui comme nous, étaient un peu puceau de la réussite sociale. C’est vrai qu’à l’époque, les premières tensions commençaient à poindre au sein du groupe ,mais nous n’en tenions pas vraiment cas, savourant notre bonheur comme un chien ronge son os même s’il est en plastique … Le premier vrai clash ,c’est sans doute lorsque  dodo et moi avons eu cette aventure homosexuelle .Etait-ce conscient ? nous cherchions-nous comme deux enfants insouciants ,jouant à touche-pipi au bord de l’autoroute de la conformité ? Toujours est-il que que c’est à peu près à ce moment là que rougy et le roumain ont commencés à se droguer et a avoir des gestes déplacés envers les deux rats domestiques qui nous servaient de mascottes rapport au nom du groupe et rapport aussi au fait que si on avait pris un chien il aurait fallu le sortir alors que des rats c’était plutôt pépères au niveau de l’engagement affectif et du temps à leur consacrer entre deux concert . Cependant c’est à la mort de l’un d’entre eux que quelque chose s’est comme qui dirait cassé dans le groupe. On peut certainement dire qu’il y eut un avant et un après Maurice (c’était le nom du rat mort) .Dodo revenait d’une réunion ,il était tard et on avait une tournée en Amérique du sud qui débutait deux jours plus tard .Je lui avais préparé une petite infusion à la verveine (il avait commencé à y prendre goût surtout depuis que je lui avais juré de quitter les jeunesses maoistes de manille coinchées s’il arrêtait le café qui le rendait irritable et qui lui jouait de vilain tour au niveau de ses érections mais là je m’éloigne un peu ).Nous étions donc installés dans le canapé ,nous commencions à nous détendre un peu ,la verveine et son puissant effet aphrodisiaque entraînait nos corps vers les jardins interdits et terriblement excitants de nos galipettes républicaines et solidaires comme aimait à les appeler dodo .C’est alors qu’il nous apparut dans toute la cruauté de sa situation, empalé sur le pipo du frère du roumain lui-même planté dans un pot de fleur ,Maurice trônait là ,tel une fleur pathétique …

Comme de bien entendu, personne ne put expliquer pourquoi le rat était mort de façon si atroce Rougy tenta bien d’argumenter qu’il l’avait entendu parler de suicide mais sans grande conviction .La présence du pipo dans le cul du rat prouvait que le roumain n’était pas blanc comme neige et dodo se sentit obligé de nous resservir sa tirade comme quoi en sodomisant Maurice c’est un peu comme si il sodomisait le groupe en entier et à travers nous ,notre public et partant de là la nation tout entière et c’est ainsi que la main sur le cœur ,dodo nous gratifia de sa tirade du choix entre le roumain et lui et du fait que lui avait des amis et que le roumain n’avait que des emmerdes ,ce n’était plus vraiment le grand amour … (j’avoue n’avoir réellement bien compris l’emballement de mon dodo dans cette affaire certes sordide mais qui entre nous ne concernait en fait qu’un rat stupide et sa mort affreuse .Par moment ,j’ai l’impression qu’il y avait quelque chose de plus profond entre dodo et Maurice ,des petits regards en coin ,des petits rien qui font les grands tout et les fameuses réunions du RPR durant lesquels chacun amenait son animal de compagnie et à cause desquelles il ne rentrait pas dormir à la maison)

 

A y réfléchir,  le roumain nous nous sentions enfin libre ,libre de créer notre musique sans qu’il vienne y foutre son coup d’accordéon virtuose avec son petit air de pas y toucher tel un mozart faussement modeste  .A y réfléchir encore ,cela ne dura que deux jours car le troisième nous étions déjà à buenos aires et la tournée débutait le soir même et nous n’avions plus le roumain pour souffler dans le pipo … 

Cette question semble anodine voire badine mais comme dirait alfred on ne badine pas avec l’amour même si on peut s’amouracher de la badine avec une cagoule en cuir et un nerf de bœuf qui nous éloigne du sujet . Rougy étant la voix du groupe ,le pipo se jouait entre dodo et moi .Personnellement ,la seule vue du pipo me rappelait trop Maurice ,nos fou rire et nos grandes balades sur les plages du débarquement fin février lorsque les baleines à bosses prennent l’A13 pour rentrer à PARIS .Ne pouvions –nous pas nous passer du pipo ,ce pipo si lourd de sens ,si symboliquement d2rangeant comme une croix gammées sur une tombe juive ,comme un poil de cul dans un pot de nutella fraichement entamé ,stygmate verronculeux d’un secret lourd de sens ….

Las ,Dodo était survolté .Il voulait absolument que je joue du pipo, pour le groupe ,pour les fans ,pour la France et par dessus tout pour Maurice et ce même si nous étions en argentine et que personne n’avait jamais entendu parlé de nous ni de Maurice .Il ne parlait plus ,il vociférait ,l’écume aux lèvres ,je sentais les trémolli droitisants de sa voix résonner dans mes entrailles comme autant de tambours du Bronx .Excédé et poussé à bout dans mes retranchements d’habitude solide ,je vacillais et  lui criais ,dans un râle salvateur : »je suis de gauche et je n’ai jamais quitté les jeunesses maoistes de belotes coinchées ,je t’ai menti durant tout ce temps !  je ne jouerai pas de ce pipo ,c’est une question d’éthique ! et si en plus çà peut te faire chier et bah ,je ne suis pas mécontent …républicainement vôtre ,Monsieur …»

Notre histoire dut se terminer là car le soir même, après le concert sans pipo ,dodo et rougy se rapprochèrent un peu trop pour que cela soit involontaire et pour que je ne le vive pas comme une attaque personnelle .Les jours des rats susceptibles étaient à présent comptés et l’ombre de bertrand renard planait sur nous tel le faucon maltais de dashiel hamett à qui on ne la faisait pas à l’envers contrairement à rougy …

Les dates de la tournée s’enchaînaient et le succès était au rendez-vous  .Certes Dodo n’était pas satisfait mais l’avait-il déjà été ,lui le perfectionniste ? Moi ,de mon côté je le voyais s’éloigner de moi ,tirer un trait sur nous comme on raye un produit de la liste des courses et le soir ,seul et fatigué ,je pleurais sur mon sort et sur notre histoire perdue ,oubliée dans le  bruit de fond des grincements des ressorts de leur lit et dans la moiteur de leur sueur repue de luxure .J’étais au fond du trou mais je faisais contre mauvaise fortune bon cœur ce qui veut vraiment dire que j’étais mal car je n’ai jamais bien compris le sens de cette expression à la con …

Autant Dodo était devenu hautain et arrogant avec moi ,trouvant toujours quelque chose à redire sur ma façon de jouer ,de m’habiller ou même d’être simplement moi-même ,autant Rougy semblait plus attentionné presque gêné pour moi .Je sentais presque entre-nous se créer une sorte de lien invisible ,dénué de sous-entendu sexuel et dans lequel l’amitié s’apprêtait à reprendre ses droits comme un côte d’ivoirien rebelle taillade à la machette les tibias de ses anciens voisins palier .C’est pourquoi lorsqu’il m’invita ,un soir après le concert à prendre un verre ensemble ,sans Dodo ,retenu ailleurs avec le maire local et deux ou trois hommes d’affaires louches  ,je ne me suis pas méfié ,presque heureux d’exister encore pour un membre du groupe et dans les yeux d’un homme pour lequel j’avais toujours eu un petit penchant .Qu’est-ce qu’on a pu s’en foutre dans le cornet ce soir-là ! La pina colada coulait comme le Charles De Gaule au sortie de révision .Rougy était charmant comme il savait l’être et nous refaisions le monde comme de deux pochtrons cosmiques ,deux clochards aux semelles de vent et entre deux gerbe de vomi nous étions verlaine et rimbaud perdu en Amérique du sud : j’étais aux anges ,je revivais et la perspective de me taper Rougy m’effleura l’esprit lorsque sa main effleura mon entre jambe avec sa rock an roll attitude légendaire .C’       est plutôt après le deuxième coup de barra à mine que j’eus un doute méthodique sur les intentions de Rougy quant à mon petit cul et plus généralement sur ma personne .Il était là au-dessus de moi ,survolté comme un mauvais acteur de film de mafia ,il parlait tout seul et à haute voix en se lèchant les mains sur lesquels il restait un peu de mon sang .Ses yeux brillaient dans le noir comme ceux d’un lapin ukrainien  qu’aurait grandi près de tchernobi .Pris dans l’ambiance ,il me balança deux –trois coup de lattes en parlant à un ami invisible dans une pâle imitation de De niro imitant david lansky .C’est au moment ou il sortit un tournevis ,que je tournais de l’œil .La seule chose encore claire que je compris avant de sombrer dans le coma fut sa fureur envers moi et dodo .J ‘eus du mal à comprendre pourquoi il en voulait aussi à dodo mais loghoréique comme il était ,il ne me fallut pas trois seconde pour être mis au parfum.Il disait qu’ on lui faisait de l’ombre ,que le génie du groupe c’était lui et que nous n’étions rien sans lui ,lui qui avait fait tout le boulot et pas seulement en chantant .Là, il fit une pause le temps de déglutir de manière sadique. Nous n’étions que ses pions dans sa partie d’échec avec la gloire et sur l’échiquier de la starification ,il était près à la pire boucherie pour gagner.Les métaphores échiquéennes n’ayant jamais été son for ,je compris qu’il était totalement fou …

 

Lorsque je rouvris les yeux ,deux mois et demi s’étaient écoulés .J’étais dans une chambre d’hôpital assez glauque avec un ventilateur qui brassait la moiteur comme gourcuff distille des passes précises dans une équipe de lyon moribonne à rien .J’avais la tête bandée comme une momie et rien qu’à voir  le visage embarrassé de mes médecins ,je compris à demi-mots que sous les bandages c’était loin d’être la plage … Ramon lopez da silva castaneda dit doigts-de-fée m’expliqua qu’on m’avait retrouvé inconscient et presque mort dans une ruelle de montevideo et que je devais avoir une sacré bonne étoile pour être encore vivant après avoir survécu à une attaque de puma sauvage .Ma bouche pâteuse et le fait que je ne parlais pas un mot d’espagnol m’obligèrent à me terrer dans le silence . Ramon doigt-de-fée m’expliqua qu’il avait eu pas mal de boulot avec moi mais que dans l’ensemble je devrais m’en tirer sans trop de séquelles (j’adorais le dans l’ensemble) .Mon séjour dura trois semaines ,les bandages commençaient à me gêner pour manger mais la perspective de me revoir dans la glace me terrorisait :étais-je devenu un monstre ,une gueule cassée qu’on expose comme une bête curieuse dans des barnums de pacotille et à qui les enfants jettent des pierres en vomissant ? C       ‘est à peu près à ce moment là que je rencontrais un homme du nom de sherpa .

Notre rencontre constitua sûrement grand tournant de ma vie .Brun et musclé comme un pépito à quatre heure ,Sherpa était un homme de passion et d’action .Je compris vite qu’il n’était pas en Amérique du sud pour compter les fraises .Ses fréquentes allusions au chemin lumineux me confirmèrent que c’était une sorte de guerrilleros. Lorsque je sortit de ma convalescence ,il m’invita en tout bien tout honneur dans sa suite de l’hôtel Bolivarro .Bien évidemment ,dodo et cette vieille plure de rougy s’étaient évanouis dans la nature ,pensant sans doute que j’était mort .J’étais seul et perdu et mon phare d’alexandrie s’appelait à présent Sherpa .Nous passions pas mal de temps au bar de l’hôtel à siroter des mojitos et sherpa me racontait sa vie d’aventurier ,les petits détails de la grande histoire et son rôle toujours important dans la solution des problèmes .Je buvais ses paroles et à travers ses récits je me rapprochait de lui et de son corps parfait aux cicatrices aphrodisiaques .Notre amour platonique dura quinze jours ,je me prenais pour emma bovary et me languissais d’être le seul à me prendre …

Lorsqu’au détours d’un bon mot ,je compris qu’il était plutôt hétéro ,mon rêve s’écroula .Je m’étais tellement fait à l’idée que notre histoire débutante allait déboucher sur une sorte de bonnie and clyde révolutionnaire que même le fait d’apprendre qu’il avait déjà eut quelques expériences zoophiles agréables n’apaisa pas ma déception. Cependant sherpa avait des contacts et ses contacts avaient des amis qui avaient des relations ,ils purent me dégoter de nouveaux papiers ,j’économisais 20% sur les timbres fiscaux et trouvais un job sympa : agent de liaison du SDEC .Ce qui interessait surtout mes patrons et sherpa ,c’était ma ressemblance avec Elvis presley dit le king et pour cause ,docteur doigt-de-fée avait utilisé mon visage pour l’échanger avec celui du king, juste avant son départ pour proxima du centaure (enfin c’est ce qu’on m’avait expliqué ).A ce moment là de l’histoire ,je me dois de faire une pause ,juste pour expliquer que je comprend parfaitement l’incohérence dans le fait de changer de visage pour partir là ou personne ne vous connaît ,là où votre ancien visage n’aurait posé aucun problème mais là est la subtilité ,en fait .Je compris que ma mission consistait à me balader un peu partout dans le monde ,histoire d’accréditer la thèse du complot quant à la disparition du King et ainsi  miner la confiance des américains vis à vis de la CIA car là était notre vrai cible ,les USA et leur libéralisme arrogant ,leur hamburger et leur suffisance .En fait ,c’est edgard hoover qui pris l’initiative de faire disparaître le king en le suicidant à la coke .L’idée était de l’envoyer dans une prison chilienne via l’opération condor et de le laisser crever doucement .Or il s’avéra que sherpa se trouvait sur le chemin lumineux et croisa le convoi ,il ne lui fallut mas longtemps pour mettre sur pied l’exfiltration du king  et le potentiel révolutionnaire de la situation .La suite fut simple ,je m’étais retrouvé dans le même hôpital que le king ,il avait besoin d’une gueule et ils avaient pris la mienne … je ne sais pas qui y avait le plus perdu .Toujours est-il que débuta pour moi une dizaine d’années de globetrotters à montrer ma trogne de manière discrète mais efficace ,participant à la formation de cette légende urbaine au sujet de la mort de Presley .L’ironie c’était que mon père, fan du king  ,m’avait apellé Elvis : Elvis eugène maxence Durand .Mon activité au SDEC fait parti des meilleurs années de ma vie et ce même si mes entretiens avec le boss revenaient trop régulièrement à mon goût. Ces entretiens obligatoires et durant lesquels on finissait en slip à devoir honorer le lieutenant colonel mamie jacqueline (une nymphomane de première mais une idéaliste comme j’en ai peu connu ) m’ont toujours laissé penser que notre véritable mission nous dépassait ,que nous étions les modestes clous du fer à cheval du fameux proverbe …

 

Elvis se tenait devant l’entrée du tuyau conduisant chez sherpa , il avait les poings serrés et persifflait les premières notes de « que je t’aime « .De leur côté ,nath ,prof et seb digéraient son histoire ,eux tout juste revenu de leur trajet dans les airs et encore étonné d’être revenu quasiment à leur point de départ .

Ce fut seb qui déchira le silence à défaut des défenses :

_ quitte à digérer un truc, j’aurais bien rajouté du jambon à ton histoire Elvis …

_ tu ne penses vraiment qu’à bouffer ,le mak .T’as pas de truc plus stimulant à dire ,des trucs qui feraient avancer l’histoire ! lança prof passablement ironique

_ Je te signale qu’en ce moment même, il se passe dans ma tête des trucs tellement important que j’avoue ne plus avoir de réserves d’intelligence pour le reste de ma vie sociale …

_ çà doit durer depuis pas mal de temps, l’histoire de ta tête ,rétorqua prof ironiquement passable

_ Bon ,les gars on va pas se taper dessus entre-nous ,il faut absoluement que…. Greux…greuxgreux…. arghargh …

La bouche de nath venait de disparaître comme çà ,sans crier gare ni même autoroute ou chou farci .Prof et le mak n’en revenaient pas et restaient bouche bée ce qui ne les avantageait physiquement pas trop …

Après la bouche ce fut les bras (oui ,il n’y avait pas trop de logique contrairement à d’habitude ,sûrement un coup de l’ump) puis ce fut le tour des jambes .Lorsqu’elle perdit ses jambes ,nath s’écrasa au sol en se cassant le nez qui par bonheur disparut tout à coup emportant le sang et les douleurs .Prof et le mak se précipitèrent mais ce fut trop tard ,nath s’était désagrégée.

« Mais comment on va se barrer de là ,il n’y avait que nath pour nous faire sortir de ce bordel ? » ,s’écria le mak en pleine panique

_ M’est d’avis qu’on ne veut vraiment pas qu’on se barre de là ,le mak ,continua prof

_ ON ? mais c’est qui ce on ?

_ le même qui a poussé l’ange gabriel dans ton crâne , qui veut la peau de bobby et de roger rabbit .le même qui veut pas qu’on aille au pandémonium alors qu’on devrait y être depuis un bail ,ce sale fils de pute de Jésus !

_ L’ange gabriel vient de me dire que marie n’est pas une pute, répondit le mak

_ Et les mecs, j’ai une idée !

Nos deux amis se baissèrent et toisèrent Elvis .

_ Tu peux nous faire repasser dans le tuyau et retourner chez sherpa ?

_ Non

_ Tu peux résoudre les problèmes de la tête du mak ?

_ non

_ tu peux nous conduire au pandémonium sans qu’on y perde nos couilles ?*

_ re non

_ Tu peux quoi pour nous alors, misérable king d’opérette ?

_ Je peux vous emmener au concert de rougy vacance !

_ Tu crois vraiment qu’on a que çà à foutre ? Tu ne crois pas qu’on a des trucs autrement plus important que d’écouter de la musique dans une foule en délire ?

 

Elvis sourit :

« Si vous m’aidez à me venger de rougy ,je vous expliquerai comment aller au pandémonium … »

_ Gros con ,l’ange gabriel nous l’a déjà dit !

_ oui mais avec ma méthode ,vous garderez votre intégrité physique ,n’oubliez pas que vous n’êtes pas mort et qu’ici c’est plutôt rare …

_ mais au fait, toi non plus ,tu n’es pas pas mort ?

_ moi c’est assez compliqué à expliquer ,je ne suis pas vraiment mort mais pas vraiment vivant ,je vis dans le tuyau à cause de l’amnésie de sherpa et par les bonnes grâces du maître du temps qui m’a comme qui dirait mis en suspend … (il y avait à coup sur de la mémé jacqueline la-dessous comme un peu partout où elle peut se glisser sous une table basse …)

prof et le mak se consultèrent .

« C’est par ou ce concert ?« 

 

Elvis montra du doigt un chemin sinueux et leur expliqua qu’ils en avaient pour à peine un quart d’heure de marche. Le mak soupira à la perspective de marcher ,lui qui était plutôt un adepte de la sieste ,cette aventure commençait furieusement à ressembler à une biographie de théodore monod ,d’ailleurs niveau gonzesses ,l’hermite devait s’éclater bien plus qu’eux …

Ils marchaient à la queuleuleu ,prof fermait la marche ou bien commençait à se faire distancer .C’est alors que sortie de nulle part ou bondissant très rapidement de derrière les fourrés ,un vêtu d’une robe de bure ,le saisit par la manche en lui disant :

« Prof ,c’est bien toi ? « 

prof opina derechef ce qui pouvait aussi se lire à l’envers.

L’homme à la robe de bure l’attira dans les fourrées ,au loin ses amis se dirigeaient vers le concert .Prof ne cria même pas ,peut-être avait-il reconnu le regard de Béré sous la capuche …

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