Déborah est enfin crevée la salope

Publié le par Didier Barbelivien

Allongé là, dans l'herbe fraîche, le tsar cosy ressemblait au duc de guise, la moustache en moins et les boyaux à l'air en plus. J'avoue qu'à ce moment précis, je ne comprenais pas très bien ce qui m'arrivait, je ne savais pas où j'avais échoué ni comment j'y étais parvenu, en fait, j'en savais moins qu'un sherpa a jeun. En à peine dix minutes, le tsar était mort deux fois, ce qui, même si on n'était très pas doué en math, comme moi, faisait au moins une fois de trop. Décidemment j'étais au coeur d'un mystère enfermé dans une énigme et ce n'était pas le roi du javelot qui allait éclairer ma lanterne, ses yeux de psychopathe ne seraient sûrement pas le phare de mon esprit en perdition. Au début, j'avais eu du mal à le reconnaitre, il avait troqué sa longue chevelure grisonnante avec une crête taillé à la hâte et à la hache et il, inlassablement, psalmodiait une logorhée diarhéïque à deux mille kilomètres de ses fameuses envolées lyriques de la tribune de l'ONU. Oui, Dominique de Villepin se tenait devant moi, en haillons, certes, mais sautillant gaillardement, ce qui pour un mort, cul-de-jatte de surcroît, n'en finissait pas de me plonger dans la perplexité, l'étonnement et l'impression bizarre que tout ce bazard allait me péter à la gueule dans pas longtemps.  
Evidemment, je n'étais pas du genre à pleurer le tsar cosy, ni personne d'autre d'ailleurs, (la seule exception confirmant la règle était, bien sûr, le pauvre bérégovoy ).Au cours de ma longue carrière, j'avais vu des tas de maccahbés dans toutes sortes d'états et cela m'avait vacciné contre le remord et le dégoût aussi surement que dorothé m'avait convaincu que le seul amour qui dure toujours coûte 40 euros et a un accent russe. Quand on fait mon métier, on ne fait pas dans le sentiment ou bien on bosse pas longtemps.
Je n'étais pas non plus du genre à réfléchir des heures comme un fonctionnaire bruxellois akinétique , je savais que je devais intercepter Villepin et récupérer le foie de jaurès,  le pourquoi du comment de qu'est ce qui ce passerait après, viendrait plus tard.
Je me tournais vers Villepin, histoire de le canaliser un peu et de voir de quoi il était encore capable.
"Et, monsieur Villepin, approchez voir, je crois que vous avez un cil sur la joue droite" ,mentis-je éhontément  
Pour toute réponse, Villepin se mit à faire la roue autours de moi puis le poirier et après, il se mit à réciter :
"il etait une foie une marchande de foie qui vendait du foie dans la ville de foix, elle me dit ma fois c'est le première fois que je vends du foie dans la ville de foix lalalala heu! "
 
Alors là, je crois bien qu'on avais touché le fond. Dominique de villepin me faisait pitié à voir et c'est presque pour le libérer, dans un élan de charité chrétienne même, que je lui assénais le premier coup de poing, le fameux uppercut de la mort, un coup précis et puissant dans la rate, en remontant sous les côtes; un coup perfide que manu en vieux briscard du pancrace m'avait montré, un soir qu'il chahutait avec nath pour une sombre histoire de vaisselle et d'eau qui coule un peu trop longtemps pour l'avenir des ours polaires. Puis il y eut la mawashi geri latéral dans les gencives et le coup de coude façon toni ja, star du cinéma de honk hong, qui plongea l'ex-premier ministre dans un profond coma.Villepin était à présent allongé par terre inconscient. J'arrachais la lance plantée dans le bide du tsar et récupérais la lame, qui était, en fait, une sorte de biface grossier. Il n'était pas vraiment tranchante mais pour ce que j'avais à faire, cela suffirait amplement. J'entaillais donc Villepin de l'appendice xyphoïde au pubis genre césarienne de pachyderme et commençait à farfouiller dans ses viscères à la recherche de son foie. Mes connaissances étant franchement limitées en anatomie, la recupération de l'organe hepatique ne fut pas épatante, à tel point que je fourrageais un bon moment entre les intestins flasques, les organes vitreux et tout un tas d'autres bidules visqueux avant de me rendre compte que le foie était absent. L'incrédulité s'abattit sur moi avec son cortège de surprise et de questions sans réponse, l'odeur du sang m'emplissait les naseaux et me rappelait les jours sombres de la section jaurès lorsqu'il fallait bien "faire le boulot " comme aimait à le dire sherpa. Eviscéré comme un porc dans un abattoir breton, Villepin ressemblait à une aquarelle de marie laurencin réalisé par un jackson pollock fan de boudin créole. Je n'avais jamais été un adepte des natures mortes ne voyant vraiment pas l'intérêt de peindre des crânes, des pommes et des perdrix sur des tables trop petites et avec des bouts de chandelles si petits, que même leurs clairs-obscurs me faisaient pitié. Mais là, on était plutôt dans une sorte d'autoportrait macchabre, genre oreille coupée de van gogh qui s'emballe , et, j'avoue que cela me touchait un peu. J'avais toujours eu une sensibilité artistique développée, contrariée uniquement par mes deux mains gauches et un prof de dessin acariâtre.
Je commençais à me sentir bizarre, j'avais un peu froid puis tout à coup très chaud, et refroid et rechaud et puis d'un coup hyper mal au bide. Je vis mon ventre faire des vagues, comme l'océan atlantique à la fin mars sur les côtes vendéennes lorsque le ressac des marées tripatouille la houille et l'écume. Soudain quelque chose me gratta la glotte, ce qui déclencha un spasme réflexe de mon estomac. C'est alors que je me mis à dégobiller à plein tube jusqu'à ce qu'une main sorte de ma bouche. En fait, après la main, il y eut le bras puis l'épaule et la tête. Une fois le bassin passé, ce fut une véritable partie de plaisir, si tenté que le fait d'accoucher par la bouche puisse être qualifié de plaisir. ... Dégoulinante de vomie, Déborah se tenait devant moi et elle n'était pas belle à voir. Elle avait le visage tuméfié et le nez en bouillie comme un poid lourd qui fait deuxième et son oeil droit pendait le long de sa joue, retenu uniquement par le nerf optique. C'est alors que les spasmes me reprirent et que cette fois, je sortis un pied de ma bouche, puis un genou et enfin, après moultes remuglements, une femme entière. Je repris mon souffle à peine trente seconde, c'était comme le calme après la tempête, sauf que là c'était avant ou pendant ou un peu des deux . A peine remis de mes vomissements, mes intestins en remirent une couche et dans un accès de courante digne des meilleures gastro-entérite, je chiais un mec. Ô, oui, j'étais vraiment dans la merde, moins que le bonhomme qui venait d'arriver mais je faisais deuxième facile. Nous étions à présent quatre, avec deux cadavres, au beau milieu de nulle part. On pouvait difficilement faire pire et pourtant....
"Ou est-ce qu'elle est, cette vieille pute  ? , s'écria la femme que j'avais vomi en deuxième
- elle est là, patronne, elle rampe dans la boue, lui répondit le mec
- choppe-là, qu'on en finisse une bonne fois pour toute
Le mec rattrapa deborah qui, moribonde, tentait pathétiquement de filer à l'anglaise. Il la saisit par les cheveux et la traina sur trois mètres pour la jeter aux pieds de la femme.
Un, puis deux coups de pompes dans les côtes et déborah tomba dans les pommes.
"Vas me chercher la grosse pierre, près du buisson, demanda la femme "
C'est là que je m'interposais tel un casque bleu et que j'interpellais la femme :
"Et, ho, faudrait voir à se calmer la rondelle, madame  !
- Ta gueule bobby, tu vois pas qu'on bosse, là  !
- vous appelez çà du boulot, c'est un vrai massacre, un trucidage à la limite du sociopathe débutant qui s'ennuie avec les chats  ....
- Ecoute bobby, si on en est là, c'est à cause de toi. Tout ce bordel, toute cette merde parce que tu ne te contrôles pas assez. ...
- A cause de moi  ?,répondis-je interloqué
- bien sur, mon pote, déborah doit être refoulée au pied de biche et c'est mon boulot. Je suis ton sur-moi, c'est mon boulot mais c'est ta faute
- et lui, c'est qui  ? ,rédemandais-je
- lui, c'est ton çà, c'est mon homme de main et il est très doué avec une tenaille
Déborah reprit connaissance et s'adressa à la femme :
"je t'ai déjà dit que je m'en battais les couilles de ton bobby, bordel de merde  !
- fieffée, menteuse, persifla mon sur-moi, qui était une femme
- moi c'est le mak qui m'interresse. Cette raclure de chiotte de souteneur à deux balles...
Ton bobby tu peux te le carrer où je pense et à sec. ...
- vous voulez que je lui ouvre le crâne comme une figue fraîche, proposa le çà d'un professionnalisme froid
Pour toute réponse, mon sur-moi hocha la tête et la pierre s'abattit sur la compoté de fruits mûres qui servait à présent de visage à déborah. Je pensais au mak, lui qui n'aimait pas qu'on gâche la marchandise, allait être en rogne. Mais, pour une fois que je n'étais pas totalement responsable de ses problèmes, on verrait bien plus tard. Pour l'instant, je venais d'entrer dans la quatrième dimension mais en passant, par la fenêtre ou la cheminée.J'avais maintenant trois cadavres sur les bras et je pouvais voir mon sur-moi et mon çà à l'oeuvre, si sigmund eut été là, il en aurait manger sa pipe ou sauté sa mère. ...
 
Lorsque déborah rendit son dernier soupir, le çà eut un sourire malsain qui me glaça le dos tandis que la femme lui caressait la tête en lui disant :"çà, c'est un bon çà ".Mon sur-moi se tourna vers moi et me dit :" on a finit, on va te laisser ranger ce bordel, je t'ai à l'oeil, fais pas le con sinon le çà et moi, on refera çà, rozumiesch  ? "
La femme et le mec se liquéfièrent, comme artaban, en une sorte d'huile rosâtre, puis cette flaque glissa vers moi comme le terminator liquide , remonta sur ma jambe et s'infiltra dans ma narine droite. Ce fut aussi agreable qu'un lavage de nez aux oeufs pourris.
 
Autours de moi c'était l'hécatombe et  le plus ironique dans tout çà, c'était que le foie avait disparu, notre seule chance de gagner s'était évanouie du corps inerte et je n'avais aucun moyen de contacter prof ou sherpa pour leur expliquer la situation. Nous n'aurions jamais le temps d'échafauder un plan B. C'était cuit à présent, j'était un peu triste pour bérégovoy
 
Il y eut un éclair à quelques mètres de moi et dans un tourbillon de flammes incandescentes, gérard apparut. Il avait encore son sourire de vendeur de bagnole, ce sourire du mec badass  à qui on aurait refiler le bon dieu sans confession. ...
"bienvenu chez moi, mon frère, déclara -t-il
- chez toi  ?
- en enfer, mon pote, les choses sérieuses vont pouvoir enfin commencer "
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