L'affaire Clearstream prend du bide en Floride.

Publié le par grand guide suprème

 

                      Il y avait un suspense à couper le souffle, d’ailleurs plus personne n’osait respirer. Dans le lointain, les roulements de tambour roulaient à fond la caisse comme un tueur à gages cauchois aurait roulé des épaules aux abattoirs de Bolbec. Comme disait Sergio pendant son service militaire : « Roule des épaules à la ville et roule des épaulettes à la Villette ».

                    C’était le moment de prélever un utérus à Nathalie pour le greffer à Seb-mère, tout le monde suait la peur à gros bouillons comme quand Govou et Ribéry proposent une activité sympa pour fédérer l’équipe de France après l’entraînement. C’était pas une opération banale, c’était pas une bête addition avec une retenue, c’était de la grosse opération, genre réapprendre à voler à une chèvre qui est tombée d’un hélico sur un trampoline.

                 Déjà, soyons rigoureux, ne mettons pas les prolégomènes de la charrue avant les bœufs de l’introduction, il s’agissait de l’utérus de Rosa Luxembourg, et dans ce cas précis il convenait de parler d’ « utéluxembourgeois ».  Nathalie gisait comme une sorte de messie qui aurait de la poitrine et Seb-père regardait Seb-mère endormie avec les larmes aux yeux. Il faut dire qu’il avait épluché un oignon pour éloigner les vampires.


 

              L’opération se passa comme une lettre à la poste, avec Seb-père dans le rôle du facteur. N’épiloguons pas sur les aspects technico-médicaux-paysdecaux, on n’est pas dans « Urgences » : tous les petits tuyaux avaient été bien raccordés, les 2 endormis avaient eu droit à des doses de morphine qui aurait redonné le sourire à un ministre des finances grec, les graphiques faisaient les montagnes russes sur les écrans de contrôle comme de coutume dans ces cas-là. Désormais, Seb-mère avait un utérus et Nathalie aussi, pas de jalouse. Sauf que Seb, on le lui avait collé derrière la tête, parce qu'on avait pas eu le coeur de lui couper les couilles.

 

 

            C’est alors que j’arrivai, avec Suture, mon pote ukrainien. J’en avais marre d’attendre le début du concert de Rougi Vacances, son cancer allait se pointer avant son concert, à ce rythme là. Seb-père me fit un petit topo pour me résumer l’affaire.  Je fis remarquer à mes acolytes que la toison pubienne de Rosa Luxembourg était étrangement épilée : elle dessinait une flèche qui pointait vers l’intérieur.

« - Elle était peut-être amoureuse de Robin des bois, allez savoir ! » commenta Seb-père avec une finesse qui rappelait un yaourt allégé sans sucre ni matière grasse.

« - Hum. C’est sensible, comme terrain. Il faut savoir que les utérus de Nathalie sont classés territoire militaire israélien, on ne peut pas y faire n’importe quoi. Sinon c’est la guerre ! » que je précisai.

- Il faudrait envoyer en éclaireur un des petits gars qu’on a rencontrés quand on est arrivé au purgatoire, tu sais, les minimoys qui faisaient 1 cm de haut, conduits par Elvis Presley ! Ou bien on me greffe un œil au bout de la bite ! » suggéra Seb-père, vicieux comme un prêtre irlandais quand un vent printanier s’engouffre sous sa soutane. 

«- T’as pas le numéro de portable d’une de ces petites créatures dans ta poche ? » je lui demande. Le voilà qui fouille et qui s’exclame :

«- Oh, ben ça alors ! » fit-il en retirant de sa poche un des minimoys, un avec un bonnet rouge et une épée au côté droit, un qui sentait le bigorneau pas frais. « Putain, c’est le commandant Cousteau ! 

- Bonjour, petit ! Sympa, cette expédition dans ton jean ! Ca m’a rappelé mon accouchement ! Ca ne nous rajeunit pas ! ». Le commandant Cousteau était au purgatoire à cause qu’il avait semé des algues tueuses dans la Méditerranée.

« - Vous tombez bien, Commandant ! On avait justement besoin d’un mec de petite taille qu’a pas froid aux yeux pour entrer dans le corps d’un ami !

- Bon, d’accord ! » répondit le commandant qui était gay comme un pinson.

- Vous voyez cette flèche, commandant ? » expliqua Seb à Cousteau qui était déjà entré dans Seb-mère comme l’armée russe dans Berlin en 44.

« - Oui, oui, je vois ! » entendit-on. Puis, plus rien … Rien d’autre que nos respirations retenues, nos souffles suspendus, nos espoirs espérant, les mains des uns posées sur les épaules des autres comme des vautours sur des saucisses. Au bout d’un moment qui nous parut long comme le tunnel sous la Manche, une voix assourdie se fit entendre. C’était le Commandant et il disait : 

« - J’ai trouvé un papyrus dans l’utérus ! »

 

Sur ce papyrus jauni, y avait écrit d’une écriture tremblotante :

 

«  Jésus veut ma peau, car Jésus veut mon boulot. Help ! » Et c’était signé Dieu.

 

 

Publié dans Euro Austro-Suisse

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grand guide suprème 15/05/2010 16:20


Je me dis que trop de clarté n'aveugle pas.

Surtout que même moi des fois je suis paumé, alors je pense à nos lecteurs !

Ça marche pour le poker de vendredi, s'il est encore temps.


bobby 15/05/2010 13:24


j'adore le coup du curé irlandais !
je crois que tout le monde était déjà plus ou moins au courant que jésus trafiquotait des trucs pas clairs mais c'est bien de le rappeler encore ,une sorte de double corroboration ascanienne (les
cartomanes comprendront)
Ce soir c'est la fin de la ligue 1 ,la fin d'une saison compliquée et saccadée ,on va enfin pouvoir se reposer le week-end sans penser à la défense d'auxerre ou à l'attaque de grenoble ...
pour le prochain texte ,je fais un truc de bonhomme ,un truc hyper-ambitieux come un seb qui passe un entretien d'embauche