Mon clearstream chez les nudistes.

Publié le par grand guide suprème

 

Mamie Jacqueline frappa à la porte de chez Sherpa. Au bruit, on aurait dit un pivert de 150 kilos. La violence de ses coups faisait penser à Stallone tambourinant  des carcasses de viande dans « Rocky », sauf que là quelqu’un dit « J’arrive ! J’arrive ! » au moment précis où la tôle du garage commençait à se gondoler. Mamie Jacqueline sentait qu’il se passait quelque chose de pas catholique autour de Seb le Mak, son Seb. « Sebolamour », l’appelait-elle intérieurement quand elle en causait avec Déborah, qui était elle aussi éprise de judo et de leur mac chéri. C’était son protecteur, c’était lui le sucre de son cidre, et là c’était son tour à elle de veiller sur lui comme quand il avait repris 4 fois de la galette et qu’il dégueulait partout comme sous l’empire romain, mais en pire.

 

Sherpa lui ouvrit. Il se dit que 2 heures du mat, c’était pas une heure pour vendre le calendrier des éboueurs, puis reconnut sa voisine, qui lui claqua deux bises comme elle lui aurait mis deux claques. Il aurait bien voulu aller se coucher. Surtout qu’il fallait qu’il se lève tôt le lendemain matin pour finir de passer des tuyaux de chauffage, comme dans le film érotique « Emmanuelle n’a pas froid aux fesses. »

« - Entrez donc, entrez donc ! dit Sherpa d’une voix lasse et basse.

- C’est que je ne veux point vous déranger à c’theure !

- Tant que vous ne réveillez pas ma fille et que le chien ne se met pas à gueuler et que la chaudière tient le coup…

- Bonsoir madame. » Président Chirac s’était avancé vers l’ex-pute. A peine avait-il avancé la bouche vers sa main pour l’honorer d’un baisemain qu’il prit une mandale.

« - Le dernier qui m’a fait ça, il m’a aspiré 2 bagues, j’ai été obligé de l’ouvrir comme un lapin pour récupérer mes bijoux, alors on s’sert la patte, et pas de blague, mon pote, vu ? » Sherpa aurait bien fait les présentations, mais ne se rappelait plus trop qui était qui, et puis il aurait surtout bien été se pieuter comme Emmanuelle dans le film érotique « Emmanuelle rêve que son mec fait la vaisselle. »

 

« - Je viens vous y voir parce que j’ai le palpitant qui  fait du rodéo dans le Wonder-bras, si vous voyez ce que j’veux dire. Je m’fais du mouron, y a quekque chose qui tourne pas rond autour de Seb le Mak, genre un vautour qu’aurait une aile plus courte que l’autre et très faim, voyez ? » expliqua mamie Jacqueline en s’asseyant sur une chaise de la cuisine.

Sherpa fit un signe de croix pour protéger ses travaux en cours : la simple évocation de ce manchot de Seb le Mak pouvait suffire à tordre des tuyaux de 24. Il était tellement maladroit qu’on disait de lui qu’il avait 2 mains gauches. Voir même 4 pieds gauches. Seb le Mak était tellement doué que si tu lui donnais une clé de 12, il cherchait la serrure qui allait avec.

 

Trois coups brefs, deux coups longs, un coup court, sept coups moyen, une pause, deux coups prolongés en staccato, un cri de mulot en contre-ut, deux coups courts, un crissement de cheveu sur un bonnet en laine vierge. C’était le code des Recycleurs en cas d’urgence, vu qu’il n’y avait pas de sonnette. Sherpa haussa les épaules comme un communiste au pouvoir aurait haussé l’IFS. Il ouvrit à Manu et à Nathalie  et leur dit : « Vous tombez bien, on cherche une tête d’aiguille dans un champ de foin, faites gaffe à pas vous piquer. » La phrase était tombée dans la mauvaise oreille de Manu, celle qui est raccordée à son genou, et Manu répliqua : « Tu trouves pas qu’il y a plus urgent à faire que de chercher des têtes d’anguille dans un champ de dauphin ? » Nathalie expliqua le topo à son chéri d’un coup de genou.

 

« - Bon, les gars, on est presque tous réunis pour essayer d’y voir plus clair dans cette drôle d’affaire » synthétisa Nathalie alors que Manu goûtait aux gaufres qui traînaient par là. « Il ne manque que Bobby, dont la conduite est trouble depuis peu, trouble comme une flaque de boue dans laquelle on aurait pissé du charbon. Pis il manque Prof et Mak 1, qui sont en route à toute vitesse pour le Vortex via Haïti. Puis il manque les 2 autres Maks qui ont été rejetés du voyage pour Haïti et qui sont éparpillés dans la nature. Je rappelle à tout le monde qu’on essaie de venger Bérégovoy et de trouver qui a tué Villepin et de gagner 500 000 dollars, en gros. »

 

Un ange passa, puis repassa comme le héros de « Le mec d’Emmanuelle s’occupe aussi du linge ». Tout à coup, alors que tout le monde réfléchissait dur, sauf Chirac qui caressait Europécologie dans un coin, sauf Manu et Sherpa à qui ces histoires à dormir debout avaient donné des idées, sauf Mamie Jacqueline qui essuyait les larmes d’inquiétude qui coulaient sur son visage  comme des petits Leonardo de Caprio dans « Le Titanic », un tout petit bruit se fit entendre.

On aurait dit des voix connues, mais très lointaines. Genre Etienne Daho en concert sans micro. Tout le monde tendit l’oreille, même Manu, par mimétisme, qui aurait aussi bien pu tendre la joue. On entendit tout doucement mais distinctement dans la cuisine de Sherpa : 

«- C’est quoi ce truc plein de poils que tu as sur le cul, le mak ? ». La réponse tarda un peu, puis :

«- Heureusement que t’es aveugle, parce qu’en ce moment même t’es en train de peloter le cul d’un gros lapin blanc… » Le Mak. Prof. C’étaient leurs voix. Ils étaient là, quelque part dans un des tuyaux de chauffage de chez Sherpa !

 

Le propriétaire des lieux fit une mise au point, qu’il frappa violemment sur la table: « Faut les sortir de là rapidos, les deux guignols, parce que demain midi j’y fais passer de l’eau à 90 degrés, dans leur spacio-navette pour Haïti ! »

 

 

 

 

 

 

Publié dans pollutions nocturnes

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Abraham's sisters 21/02/2010 18:49


Une mise au point sur la situation générale et les personnages : un acte charitable envers le lecteur.