piège en faux roubles

Publié le par bobby

 

 

                     Une envie de vomir montait de mes entrailles, une envie irrépressible pleine de fulgurance comme un tsunami de salami péniblement digéré et qui ferait demi-tour pour une raison obscure, délaissant son avenir de bol alimentaire avec sa retraite en matière fécale tout tracée pour vivre sa vie à fond, du fond de ma gorge jusqu’à la cuvette des chiottes, les égouts puis la mer …

 

L’ironie c’est que je m’étais transformé en moussaka, ce qui me privait momentanément de ma fonction digestive et donc de la possibilité technique de vomir. La perplexité m’envahit, piétinant l’Oder-neisse de mes certitudes sur le fonctionnement de la conscience humaine et déboulonnant les Descartes en carton pâte de mon cogito … Etais-je donc devenu le parangon malgré lui du dualisme ? J’avais bien peur que oui … Allais-je donc  enterrer sans fleur ni couronne mon monisme chéri face à la force de la preuve que j’incarnais ? La nausée me monta à la courgette qui me servait de nez …

 

Evidemment mordu au mollet par ce chien cynique, j’en avais un peu oublié le pourquoi du comment je m’étais retrouvé dans la poche d’un homme de main du Tsar Cosy. Je me souvenais bien de Lucifer et de son super-pouvoir qu’il m’avait refilé et c’était en partie à cause de lui que j’en étais là. Le souci était plutôt que je m’étais mélangé avec Deborah, j’avais vu sa haine pour le mak et son ambivalence torve. Le souci était aussi que je ne savais plus trop où elle était passée, disparue dans ce gloubigoulba en forme de moussaka. Elle devait errer quelque part entre un bout d’agneau et une rondelle de tomate ou bien surfer sur les limbes de mon inconscient meurtri …

Glissant prudemment un peu de coulis hors de la poche, je scrutais les alentours découvrant que nous nous trouvions à présent à l’arrière d’une voiture, roulant à vive allure dans les rues de la capitale. Le Tsar Cosy regardait par la fenêtre, tel un penseur de Rodin avachi sur une banquette, absent comme quelqu’un qui vient de perdre sa grand-mère et préoccupé …

 

(Deborah y’en a raz le cul depuis des années, je la hais, elle est moche et conne et pouf. Ca fait des années et des années qu’on se la coltine à toutes les sauces, alors qu’elle est aussi intéressante qu’un bulot sans mayonnaise.  Ça fait trop longtemps que ça dure ces fantasmes à la con sur cette connasse à la con. Ronan puis Fred !! Ça suffit ! Ah bas Deborah la saloperie de merde ! Passez à autre chose je suis Enervée que ça continue ce mythe de merde. Je suis jalouse …. Et alors ???  Elle est pas là, la pouffiasse, à vous faire des p’tits plats, des beaux enfants, laver vos calbutes, et une conversation plus intéressante…. Si c’est une ado moche et con et boutonneuse qu’il vous faut, bah avec Céline on va habiter ensemble et regarder « Dirty dancing » tous les soirs en buvant du vin,  et vous vous avez qu’à penser à l’autre conne assis sur le canap’ en short de foot atroce…………)         

                                                                                ANONYME

 

Le lecteur assidu aura remarqué la rupture de style, l’irruption du réel dans la fiction, la mise en abîme qui déchire sa race. Le lecteur qui ne vit pas avec moi aura compris le côté complexe de la situation et pourra se permettre de pouffer sous cape un D’Artagnan immature. Pour ma part, le bon sens me dicte que l’histoire continua ainsi …

 

 

 

Déborah était seule dans une sorte de grande pièce rectangulaire. Elle était assise sur une chaise bigrement inconfortable comme un meuble vert qui aurait eu des relations incestueuses avec une table en bambou. En face d’elle, il y avait une glace sans teint mais elle ne le savait pas ou pas encore ou alors elle s’en doutait mais jouait parfaitement la fille qui l’ignorait. Pour l’heure, elle titillait ses mèches de cheveux en fixant le fameux miroir et en se demandant ce qu’elle pouvait bien faire ici.

La porte, car il y avait une porte, s’ouvrit à la volée comme dans ce film avec Jean-Claude van Damme, ou Jean-Claude fait du kick boxing pour venger son frère qu’est mort dans un accident de deltaplane, Déborah sursauta d’ étonnement,  les trois individus  pénétrèrent dans la pièce.

« Tu dois te demander où tu es, la pouf ? », railla une femme en colère justifiée.

- Je suis dans une sorte de sale d’interrogatoire ? »  rétorqua Deb.

- Je t’interdis les lapsus alors remets–moi un deuxième « l » au mot salle », s’emporta le mec à la cagoule.

- calme-toi un peu, moins de  zèle et plus de poivre, et laisse la dame s’expliquer » …, coupa le troisième. Il reprit :

« Pour faire simple tu es dans l’esprit de Bobby suite à votre transformation-fusion-acquisition en moussaka kerviellienne, tu t’en souviens ? 

- Vaguement …

- Le hic c’est que ta présence en général nuit gravement à la santé mentale de la dame en colère ici présente et que pour plus de compréhension nous appellerons « avatar de la femme parfaite projeté dans l’esprit de Bobby »  et qui grosso modo est là pour t’exploser la gueule avec son pote le zèle (le mec à la cagoule).

- T’as pas plus simple … », argua Deb avec la conviction d’une mayonnaise sans bulot à la con …

« - Rien n’est vraiment simple dans cette histoire, tu sais … », marmonna le troisième un peu gêné, « je suis là pour tempérer leurs ardeurs, je suis là pour arrondir les angles, je suis la Suisse en plein Rwanda, je suis la bonne conscience de Bobby …

- Quand est-ce que je sors les tenailles, l’arrache-cœur et les  trucs qui piquent », s’impatienta le zèle, l’écume des jours aux lèvres.

- « Les tenailles ?

- Des petites tenailles de bricolage qui ont peu servi, aucun risque de tétanos, je le jure ! », bredouilla la bonne conscience.

- Bon on n’est pas là pour enfiler des perles, tu voulais faire ça dans les règles, on l’a fait. Maintenant tu nous laisses le zèle, la pouf et moi, pour qu’on discute à grand coup dans sa gueule qui le  mérite bien et quand c’est fini on la met dans un carton avec les autres, c’est pas plus compliqué que ça ! », expliqua posément la femme en colère justifiée et dont le reflet dans le miroir inondait la pièce d’une lumière douce,  chaleureuse et rassurante telle une aurore boréale en plein cercle arctique …

Le troisième larron lança un regard en coin à Deb, genre « t’inquiète pas je gère » mais Deb était moins conne qu’elle en avait l’air ce qui n’était pas très difficile. Elle avait compris qu’elle allait morfler. Elle pensa à sa mère et à la Sierra Leone. La vie n’était donc qu’un éternel recommencement ?

C’est alors que le marteau de la philosophie Nietzchéenne lui explosa les ratiches façon puzzle …

 

 

 

Le tsar Cosy semblait triste, il regardait par la fenêtre de sa limousine, une larme perlait sur sa joue burinée par le souci. Une douce mélopée monta doucement de la banquette arrière, comme un air de fado qui chercherait à se pendre avec la corde de mi d’une guitare classique. Le tsar Cosy esquissa un sourire et marmonna « carlita mi amor »  et puis il remit son air triste sur son faciès comme le clown blanc son costume de scène et je vis la détresse d’un homme. A ce que j’avais compris, nous devions nous diriger vers l’aéroport étant donné que le tsar Cosy devait partir pour le Brésil (c’était d’ailleurs pour ça que je l’avais suivi car je devais également me rendre au Brésil ) mais cela eut été trop simple …

Je compris rapidement que le Brésil allait attendre un peu et que l’hémorragie de machabbés  à l’UMP commençait à filer des palpitations à tout ce petit monde aussi sûrement qu’un cacheton de Médiator à une centenaire bradycarde. La limousine stoppa devant un hôtel particulier au beau milieu d’un quartier bourgeois, je pensais « salauds de riches »  tel un chien de Pavlov nourri aux croquettes de Moscou. J‘ allais entamer l’Internationale lorsque le garde du corps sauta de la bagnole pour couvrir la sortie du Tsar. Encore une fois, j’eus très mal au cœur, moi qui avait déjà énormément de mal à regarder le tourniquet du jardin d’enfant sans y voir un truc tout droit sorti de Dachau.

J’avais bien eu l’idée de changer de moyen de locomotion, de me projeter dans la poche de quelqu’un de moins remuant mais il n’y avait autour de moi que le Tsar et sa Carlita. J’avais rejeté d’emblée le string de Carlita qui ne semblait pas de tout repos selon les dires des magazines people et de Sénat hebdo … Il ne me restait que le Tsar, quelque part ailleurs que sur ses épaulettes. La nausée aurait due être le cadet de mes soucis tant cette histoire partait dans tous les sens mais, et vous pourrez le constater par vous-même : on ne peut pas vomir et réfléchir en même temps ! (certains esprits observateurs diront qu’une moussaka ne peut pas vomir, à ceux là je répondrai de bien regarder la prochaine moussaka qu’ils mangeront dans le blanc de la béchamel et de repenser à tout ça ).Les trépidations du garde du corps cessèrent peu à peu et je pus constater que nous nous trouvions à présent dans un salon moderne, une table trônait au milieu de la pièce et tout ce que comptait l’UMP de force vive et en vie se trouvait autour. C’était la crise et j’étais aux premières loges.

 

 

 

 Les néons blafards donnaient à la pièce cette lumière toute pourrie d’une aquarelle de marie Laurencin et que seul la présence d’un strabisme peut rendre belle. Allongée sur le lit, Nathalie dormait profondément du sommeil du juste et seul le bip-bip du monitoring interrompait le silence quasi religieux de la scène. Devant la porte se trouvait José Touré. José avait eu une fin de carrière houleuse comme la mer du nord en plein mois de décembre et s’était roulé dans la poudreuse plus souvent qu’Alberto Tomba n’y avait fait du chasse-neige … Comme tous les sportifs des années 80, ils avaient eu une reconversion aussi difficile qu’inexistante et avaient sombré dans l’oubli. C’est alors que Raymondo l’avait contacté pour lui proposer des petits boulots.

Au début cela ne mangeait pas de pain : bousculer gentiment un président de club amateur qui ne voulait pas lâcher un jeune prometteur, expliquer calmement à des jeunes du centre de formation qu’il faut se coucher tôt, ou bien ramener des vitamines de Belgique pour les vieilles de match … Puis de fil en aiguilles, de coups de pieds en coups de surins les affaires avaient pris de l’ampleur et la petite PME s ‘était muée en holding et tout s’était un peu emballé avec l’arrivée des russes, qui avaient flairé l’aubaine. Raymondo s’était fait prendre à son propre jeu par des mecs qui inventaient les règles au fur et à mesure de la partie. La coupe du monde approchait et il y avait du fric à se faire avec le boum des paris en ligne, Raymondo était coach d’une des meilleures équipes du monde, il ne fallait pas être grand clerc pour trouver ça  trouble ! Raymondo s’était retrouvé dans la position de l’arroseur-arrosé … il était au pied du mur et n’avait aucune origine espagnole, il tenta un coup comme à son habitude … et décida de retrouver son ancienne vedette des poussins. Dès le départ José lui avait dit que c’était une idée à la con mais il n’avait rien écouté, sûr de lui. Tout devait se passer comme sur des roulettes, ce qui pour jouer au foot n’avantage qu’un mec comme Sagna. José n’était là que pour la forme, au cas où vraiment les choses déraperaient et qu’il faudrait faire place nette. C’est pour cette raison et pour la confiance aveugle qu’il avait en Raymondo que José ne se méfia pas de la jeune fille qui passait dans le couloir et qui lui fendit la tronche en deux comme on ouvre un kiwi trop mur.

 

José se vidait encore de son sang et de sa cervelle sur le carrelage de l’entrée lorsque la jeune fille réveilla Nathalie en arrachant les perfusions. Nath poussa un cri et écarquilla les yeux, puis prestement elle sauta hors du lit et mit en garde (ses réflexes étaient émoussés et son corps un peu endolori mais elle pouvait encore mettre une tatannée à bon nombre de tueurs à gages). La fille leva la main et lui dit :

«Calme-toi, je viens te délivrer, j’ai besoin de toi. je suis de ton côté. 

- Qui êtes vous ? », lança Nath sur la défensive.

- C’est compliqué, je viens du futur. J’ai besoin de toi pour sauver le monde. Je suis Maddy et nous devons tuer Bobby pour le bien de l’humanité … »

Publié dans Pour ou contre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

bobby 16/02/2011 20:52


cool


bobby 16/02/2011 13:32


çà valait le coup d'attendre !
c'est beau comme un tableau noir avec puel devant !
c'est inspiré comme un zidane qui commente la champion league sur canal + !
c'est gonflé comme vahiné !