Rendez vous nocturne sur Clearstream avenue.

Publié le par grand guide suprème



 

 

                       Dom’ de Vill’, dit « Dom’-la-relaxe » entra dans la ruelle sombre comme une pensée du président Mugabe. Ses souliers étaient plus vernis que lui, qui fuyait la justice de son pays. Ils claquaient sur le pavé comme des doigts dans un concert de jazz qui swingue. La nuit était noire, on se serait cru dans la caisse du défunt RPR. Dom’ n’était pas armé, c’était inutile dans sa situation. Le seul truc qui aurait pu le protéger efficacement, c’était de se faire greffer une peau en téflon antiadhésif et deux mitrailleuses lourdes à la place des yeux. Et c’était pas remboursé par la sécu.

 

                    Il déboucha dans l’impasse Couve de Murv’. La voix de Charles Pastaga, dit « Charlie-les-valises », résonna doucement à ses oreilles dressées comme des dobermans prêts à tuer. « Eh, petit, tu as ce que tu devais avoir ? ». Dom’ répondit du tac au tac, comme un tennisman qui jouerait avec une grenade dégoupillée à la place de la petite balle jaune : « Faut voir, ça dépend de ce que tu crois que je devais avoir. » Il laissa un blanc, pâle comme un ours polaire qui aurait la gastro. Puis il enchaîna : « Tu es seul ? ».

 

            Un éclat de rire sardonique jaillit derrière lui, au niveau de D11 à peu près. C’était le rire de Nico « le Tsar cosy », qui était au grand banditisme ce que le slip de bain est au pédiluve. « C’est pas des trucs qu’on fait tout seul, Dom’, ça. Quand on se promène avec ce que tu as sur toi, on ne sort pas seul. Et même quand on sort et qu’on croise par hasard un type qui a ce que tu as sur toi, on n’est pas seul, c’est pas prudent. »

            Eric B. retourna sa veste et fit briller à la lumière du lampadaire humide la crosse d’un revolver qui étincelait comme le regard d’une prostituée qui aurait sous entendu l’éjaculation précoce du regard. Dom’ avait compris. Il était pris. Charles lui fit les poches, « simple réflexe » dit-il. Nico-la-Rolex fixa Dom’-la-relaxe et ajouta : « La petite équipe n’est pas au complet, Patrick Baldaquin avait rancard avec Jane Seberg. »

 

             « Alors, tu files la marchandise, ou il faut que je vienne la chercher avec mon couteau suisse plaqué en platine et planqué dans mon plaid ? » demanda Nico. Dom’ eut un haut le cœur, puis il pensa à la France. « Je ne me rappelle plus ce que tu voulais, Nico. De l’argent, des noms, des dossiers, 30 cm, de la culture ? » Nico Caïne fit claquer sa langue comme un dresseur allemand aurait fait vibrer son fouet dans la cage d’un vieux lion désespéré. « Fais pas le con, Dom’. Préserve toi. Ce serait dommage qu’on te retrouve arrière central de l’équipe de France, toxico et fiancé à Raymond Domenech… Ou mort. »

 

               « Ca me revient, maintenant. Ce que tu veux, Nico, c’est la classe. Moi, je l’ai, je la porte comme on porte un fardeau. Toi, tu ne l’as pas, tu ne l’auras jamais. » Charles, Eric et Nico s’approchèrent, une main sur la poche intérieure.

 

                  Dom’ recula d’un pas et se coupa les cheveux avec une faux qu’il cachait dans la doublure de sa veste puis se sectionna les jambes à hauteur du genou. Il hurla : « Vous n’aurez ni la classe ni la Lorraine ! »

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bobby 02/02/2010 20:02


c'est vrai que la petite gueguerre genre tontons flingueurs et pistolets qui pouet-pouet des vieux briscards du RPR leur sied comme un gant de toilette .Manque plus qu'une cascade à la derrick et
un plan séquence sur a seine avec maigret qui fume la pipe ...